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Les É-U mettent la table pour une intervention militaire en Syrie

26/08/2013 07:08 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le secrétaire d'État américain John Kerry a affirmé lundi détenir des informations démontrant que l'utilisation d'armes chimiques en Syrie était «indéniable», laissant entrevoir une justification claire pour une éventuelle intervention militaire contre le régime du président Bachar el-Assad.

S'adressant aux médias au Département d'État, il a dit que l'attaque de la semaine dernière sur la banlieue ouest de Damas devrait «choquer la conscience»du monde, et qu'il s'agissait d'une norme internationale qui ne pouvait être violée sans conséquences.

Des autorités soutiennent que le président Barack Obama n'a pas encore décidé comment il réagirait à l'utilisation de gaz toxique, un geste que, l'an dernier, la Maison Blanche comparait à traverser une «ligne rouge».

Mais les États-Unis et ses alliés européens semblent mettre la table pour la réponse la plus agressive depuis le début de la guerre civile en Syrie, il y a plus de deux ans.

Deux représentants de l'administration américaine ont affirmé que le pays révélerait mardi des détails clairs sur l'utilisation des armes chimiques et qu'une annonce sur la décision de M. Obama suivrait rapidement.

La communauté internationale semble considérer des stratégies qui viseraient à punir Damas pour l'utilisation de gaz toxiques et non à chasser al-Assad du pouvoir et à soutenir les rebelles. Le débat réflète la faible propension internationale à privilégier le déploiement à grande échelle de forces militaires en Syrie et le nombre limité d'options qui pourraient réellement changer le cours de ce conflit.

Les États-Unis affirment tout de même croire qu'une solution politique demeure la meilleure stratégie pour les Syriens.

L'administration Obama est allée de l'avant en confirmant l'utilisation des armes chimiques malgré la présence d'une équipe d'experts de l'ONU sur le terrain, affairée à rassembler des échantillons et des témoignages de victimes. L'administration soutient que le temps écoulé depuis la présumée attaque et les bombardements continus de la zone rendent vaine l'enquête onusienne. Elle prétend aussi avoir ses propres informations qui confirment l'utilisation d'armes chimiques.

«Notre compréhension de ce qui s'est passé en Syrie repose sur des faits», a affirmé M. Kerry.

Les allégations des États-Unis se basent en partie sur le nombre de victimes rapportées, les symptômes des blessés et des témoignages. Sans confirmer la responsabilité du gouvernement syrien, les autorités ont affirmé qu'il y avait «très peu de doute» qu'il était derrière les attaques, car les forces rebelles n'ont vraisemblablement pas accès à l'arsenal chimique du pays.

Le président syrien nie avoir ordonné ces attaques et rejette le blâme sur les rebelles.

Barack Obama a souvent affirmé qu'il ne lancerait pas d'action militaire sans l'accord de la communauté internationale. La Russie et la Chine bloqueraient d'ailleurs vraisemblablement une tentative des États-Unis de chercher l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU.

Lundi, M. Kerry a lancé plusieurs avertissements à la Russie, qui a fourni des ressources matérielles au régime Assad, bloqué une action de l'ONU contre la Syrie et contesté les preuves de l'utilisation d'armes chimiques.

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