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Pour intervenir en Syrie, Obama n'a pas besoin du Congrès américain

26/08/2013 08:22 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT
AFP

WASHINGTON - Comme en Libye en 2011, le président américain a le pouvoir de lancer seul des frappes aériennes contre la Syrie, mais il doit en informer le Congrès, ce que la Maison Blanche a commencé à faire lundi.

"L'administration consulte activement les membres du Congrès, et nous continuerons à avoir ces conversations dans les prochains jours", a déclaré lundi le secrétaire d'Etat John Kerry sous-entendant que Barack Obama était sur le point de prendre une décision.

Un porte-parole du président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a confirmé que celui-ci avait eu une conversation "préliminaire" avec la Maison Blanche.

M. Boehner "a demandé qu'avant que toute action soit engagée, il devait y avoir une consultation significative des élus du Congrès, ainsi que des objectifs clairement définis et une stratégie plus large pour parvenir à la stabilité", a précisé son porte-parole Brendan Buck.

En 1973, après la guerre du Vietnam et malgré l'opposition du président Richard Nixon, le Congrès américain avait voté la War Powers Resolution, afin de contraindre le président des Etats-Unis à demander l'aval du Congrès pour déployer des soldats.

Le président, s'il déclenche une opération ou déploie des soldats en cas d'"hostilités" ou d'"hostilités imminentes", doit en théorie obtenir une autorisation votée du Congrès pour la maintenir au-delà de 60 jours.

Mais en pratique, pourtant, tous les présidents depuis Nixon ont jugé cette clause contraire à la Constitution et régulièrement négligé de demander cette autorisation, se contentant d'informer le Congrès.

En mars 2011, Barack Obama avait ainsi déclenché des frappes aériennes contre les troupes du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en s'appuyant notamment sur une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon l'administration, l'opération n'entrait pas dans le cadre des "hostilités" encadrées par la loi de 1973.

Le Congrès s'était ensuite déchiré entre les partisans d'une loi ordonnant au président de cesser l'intervention libyenne et ceux qui souhaitaient l'autoriser formellement.

En mars 1999, les élus n'avaient pas non plus eu leur mot à dire sur la longue campagne de bombardements sur des cibles serbes pendant la guerre du Kosovo, lancée par Bill Clinton.

"Ils n'ont pas besoin d'autorisation mais j'espère qu'ils en demanderont une", a déclaré lundi Bob Corker, un influent sénateur républicain de la commission des Affaires étrangères, sur la chaîne MSNBC. "Ils peuvent commencer mais j'espère que dès que nous serons rentrés (de congés), le Congrès votera une autorisation". Selon cet élu, "une réponse est imminente" et "nos moyens militaires sont en place".

Mais le débat politique reste vif et des élus, dont beaucoup sont proches du "Tea Party", ont tenté en juillet --en vain-- d'interdire de façon préventive le lancement d'une attaque en Syrie sans accord préalable du Congrès.

Le calendrier donne un avantage à Barack Obama en cas de polémique sur le déclenchement de frappes, puisque le Congrès est en congés d'été jusqu'au 9 septembre.

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