DIVERTISSEMENT

Saison 2013-2014 : abondance au Théâtre Prospero

25/08/2013 09:58 EDT | Actualisé 25/10/2013 05:12 EDT
Courtoisie

Le Théâtre Prospero donnera à la mi-septembre le coup d'envoi à une saison chargée, qui s'apparente à un grand voyage humain, solitaire ou collectif. L'institution de la rue Ontario compte à son programme trois pièces bricolées par sa compagnie maison, le Groupe de la Veillée, et trois autres en résidence, de même que des premières tentatives de jeunes auteurs prometteurs.

« Il y a un grand foisonnement et beaucoup de belles découvertes à faire, cette année, a fait remarquer Carmen Jolin, directrice artistique et générale de l'établissement. Entre les trois productions du Groupe de la Veillée, il y a un lien qui porte sur la quête de l'existence, l'appartenance, la manipulation. Et chez les compagnies invitées, il y a différentes approches et lignes directrices. On offre un terrain d'exploration, d'essai, duquel ressortent souvent les artistes de demain, des aventures théâtrales quand même assez risquées.»

Parmi les créations du Groupe de la Veillée, on trouve La preuve ontologique de mon existence, de Joyce Carol Oates, qui confrontera une jeune fugueuse américaine et un individu vil et sans scrupules, dans un portrait sans complaisance d'une cruelle Amérique. Jean-François Blanchard, Jean-Marc Dalphond, Nora Guerch et Frédéric Lavallée se donneront la réplique sous les ordres de Carmen Jolin. Téo Spychalski signe la traduction. Cette rencontre improbable lancera l'année 2013-2014, du 17 septembre au 11 octobre.

Ensuite, l'artiste multidisciplinaire Christian Lapointe revisitera les mots du dramaturge russe Ivan Viripaev dans le collage Oxygène. Dix tableaux musicaux opposeront un homme et une femme, incarnés par Ève Pressault et Éric Robidoux. Contes, raps et danses leur serviront à exprimer leur vision d'une société accro à l'oxygène et, surtout, à l'argent nécessaire pour l'acheter. On respirera le résultat du 19 novembre au 14 décembre.

Puis, à compter du 21 janvier, on reprendra le succès de 1995 Moi, Feuerbach, de Tankred Dorst, avec Gabriel Arcand, Alex Bisping et Ginette Chevalier. Un acteur déchu, mais pas vaincu, se présente à une audition, certain d'obtenir le rôle de sa vie. Le test s'avérera plutôt une mise à nue complète de son âme. Téo Spychalski livre ici une mise en scène acclamée par la critique à son premier tour de piste, il y a 18 ans.

Compagnies invitées

Du côté des troupes en accueil, le Théâtre du Vaisseau d'or proposera à nouveau Oleanna, de David Mamet, avec Vincent Côté et Olivia Palacci, du 15 au 26 octobre. Un étudiant universitaire déçu de se voir attribuer un échec pour un cours se rendra dans le bureau de sa professeure pour une leçon particulière, qui tournera en véritable affrontement. Autre reprise, autre triomphe critique lors de la mise sur pied originale.

Le voyage d'hiver, du groupe Nord Nord Est, amalgamera théâtre, cirque, danse contemporaine, musique électronique et électroacoustique, chant classique, poésie et art visuel pour évoquer les débris d'une civilisation anéantie par son propre vacarme et la surabondance générée par son agitation. Sept interprètes, dirigés par Benoît Landry et Anna Ward, vibreront devant le public, du 18 au 29 mars.

Le dragon d'or, œuvre conjointe du Théâtre Décalage et des Productions Quitte ou double, clôturera la saison, dès le 8 avril. Dans un restaurant asiatique, un cuisinier souffre d'une dent cariée. Celle-ci tombera... dans un bol de soupe. Loin du burlesque et du vaudeville, ce repas thaï-chinois-vietnamien se veut au contraire une fresque s'élevant contre l'injustice et la place accordée aux immigrants. Le texte est de Roland Schimmelpfennig, la mise en scène, de Mireille Camier, et cinq comédiens, dont Louisette Dussault, sont en vedette.

Mentionnons par ailleurs que la Salle intime du Prospero sera l'hôte de neuf formations de la relève tout au long de l'année. Des titres variés et de nouveaux visages, tant devant que derrière le rideau, entraîneront le parterre d'un thème et d'un univers à l'autre.

Anniversaires importants

L'an prochain, le Groupe de la Veillée célébrera ses 40 ans et, en 2015, ce sera au tour du Théâtre Prospero lui-même de souffler des bougies significatives, celles de son 20e anniversaire. Si on espère bien sûr souligner ces dizaines importantes en grande pompe, Carmen Jolin espère toutefois avoir les moyens de ses ambitions.

« On veut certainement organiser des événements spéciaux, mais il faut avoir le financement pour le faire, a indiqué la dame. Les compagnies souffrent toutes de sous-financement, et c'est difficile de trouver de l'argent pour faire de grosses fêtes. Mais on est en train de préparer ça. »

Pour en savoir davantage sur la nouvelle programmation du Théâtre Prospero et s'y abonner, on consulte le www.theatreprospero.com.

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