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25/08/2013 10:13 EDT | Actualisé 25/10/2013 05:12 EDT

La Syrie autorise l'ONU à enquêter sur la présence d'armes chimiques près de Damas (VIDÉO)

Le régime syrien, sous pression des pays occidentaux qui l'accusent d'avoir utilisé des armes chimiques au point d'examiner une option militaire, a donné dimanche son feu vert à l'ONU pour une enquête à partir de lundi près de Damas.

Face à la menace d'intervention militaire, la Russie, puissant allié du régime syrien, a appelé Washington à ne pas commettre d'"erreur tragique", alors qu'un responsable américain a affirmé qu'il restait "très peu de doutes" sur l'usage d'armes chimiques en Syrie, longtemps considéré par Washington comme une "ligne rouge".

Après l'attaque meurtrière de mercredi près de Damas, où l'opposition syrienne a affirmé que le régime avait utilisé des armes chimiques pour tuer des centaines de civils, l'ONU a confirmé que ses experts se rendraient lundi sur les lieux, en donnant une "priorité absolue" à cette enquête.

Mais le responsable américain a estimé que l'accès proposé par Damas était "trop tardif pour être crédible", tandis que Moscou a appelé l'opposition syrienne à permettre aux experts d'enquêter "en toute sécurité".

Parallèlement, la communauté internationale menait des contacts de haut niveau pour préparer une "réponse sérieuse" contre Damas, Washington et Londres examinant même des options militaires.

"Un accord a été conclu aujourd'hui à Damas entre le gouvernement syrien et les Nations unies durant la visite de la haute représentante de l'ONU pour le désarmement, Angela Kane, pour permettre à l'équipe des Nations Unies, dirigée par le professeur Aake Sellström, d'enquêter sur les allégations d'usage d'armes chimiques dans la province de Damas", a annoncé le ministère syrien des Affaires étrangères.

Selon le chef de la diplomatie syrienne Walid al-Mouallem, le régime veut "coopérer avec l'équipe des inspecteurs pour prouver que les allégations des groupes terroristes sur l'utilisation par les troupes syriennes d'armes dans la région de la Ghouta orientale (étaient) mensongères".

Jeudi, alors que les Etats-Unis sont à la tête des pays réclamant le départ de M. Assad, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait exceptionnellement téléphoné à M. Mouallem pour réclamer "un accès immédiat et sans entrave" au site des attaques pour les experts de l'ONU, arrivés quelques jours plus tôt pour enquêter sur de précédentes allégations d'attaques chimiques.

Le régime, qui assimile la rébellion à du "terrorisme", a nié à plusieurs reprises avoir eu recours à des armes chimiques et a en revanche accusé cette même rébellion d'avoir fait usage samedi de gaz toxique à Jobar, un quartier périphérique de la capitale, ce que l'opposition a démenti en bloc.

Forces américaines prêtes

Dans la foulée de ces accusations mutuelles, le président français François Hollande a estimé qu'il y avait "un faisceau d'évidences" indiquant que l'attaque était "de nature chimique" et que "tout conduisait à considérer" que le régime en était "responsable". Samedi, son chef de la diplomatie Laurent Fabius, avait jugé qu'une fois les faits établis, il devrait y avoir une "réaction forte de la communauté internationale".

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron qui s'étaient inquiétés lors d'un entretien téléphonique samedi "des signes de plus en plus importants (indiquant) qu'une attaque significative aux armes chimiques avait été menée par le régime syrien", ont estimé que cela "mériterait une réponse sérieuse de la communauté internationale".

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a déclaré que les forces américaines étaient prêtes à agir contre le régime syrien si nécessaire. "Nous avons préparé toutes les options (si M. Obama) décidait de choisir l'une d'elles", a-t-il dit.

Menaces de l'Iran

La Russie a cependant rejeté toute précipitation: "Nous appelons vigoureusement ceux qui, en essayant à l'avance d'imposer aux experts de l'ONU les résultats de leur enquête, évoquent la possibilité de mener une opération militaire en Syrie, à faire preuve de bon sens et à ne pas commettre d'erreur tragique", a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch.

Et l'Iran, allié du régime syrien et bête noire de Washington, a une nouvelle fois menacé les Etats-Unis de "dures conséquences" en cas d'intervention.

Le Front jihadiste al-Nosra, lié à Al-Qaïda, a promis de se venger après cette attaque chimique présumée, en s'en prenant aux villages alaouites, la confession du président syrien et de la plupart des cadres de son régime.

Médecins sans frontières a fait état samedi du décès de 355 patients "présentant des symptômes neurotoxiques" dans la région de Damas depuis mercredi, sans pouvoir "confirmer scientifiquement la cause de ces symptômes ni établir la responsabilité de cette attaque".

Les équipes de MSF ont été en contact avec le personnel médical de trois hôpitaux qui ont "reçu, en moins de trois heures le mercredi matin 21 août, environ 3.600 patients présentant des symptômes neurotoxiques" (convulsions, hypersalivation, pupilles contractées, vision trouble et détresse respiratoire).

Se basant sur des rapports médicaux, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a comptabilisé plus de 300 morts par gaz toxique, dont des dizaines de rebelles.

A Rome, le pape François a appelé dimanche à faire "cesser le bruit des armes" en Syrie, où le conflit a fait selon l'ONU plus de 100.000 morts en près de deux ans et demi.

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