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Le président du Zimbabwe menace d'expulser les entreprises étrangères

25/08/2013 02:56 EDT | Actualisé 25/10/2013 05:12 EDT

HARARE, Zimbabwe - Le président du Zimbabwe, au pouvoir depuis plus de 30 ans, a menacé dimanche d'expulser les entreprises détenues par des étrangers, en guise de représailles à ce qu'il estime être l'interférence des pays occidentaux dans la politique de son pays.

Durant un discours prononcé devant des partisans lors des funérailles d'un haut responsable militaire à Harare, le président Robert Mugabe a déclaré qu'il ne voulait pas «les idées de Londres ou de Washington». Il a prévenu les puissances occidentales que même si son gouvernement n'a imposé aucune sanction aux entreprises étrangères jusqu'à maintenant, «le moment viendra où nous imposerons la loi du talion».

«Vous me frappez, je vous frappe. Nous avons un pays à gérer et nous devons être laissés libres de le faire», a-t-il dit.

Le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale, de même que l'Union européenne et les États-Unis, ont refusé de reconnaître la réélection de Robert Mugabe lors du scrutin du 31 juillet, citant des preuves de fraude électorale. Plusieurs pays occidentaux maintiennent leurs sanctions économiques contre M. Mugabe et les leaders de son parti.

Le président de 89 ans, qui a été assermenté jeudi pour un nouveau mandat de cinq ans, a déclaré que «le moment viendra où nous perdrons patience» face aux pressions de l'Occident.

«Je peux vous assurer que notre attitude ne continuera pas d'être passive», a-t-il affirmé dimanche. «Nous en avons assez, et assez, c'est assez.»

Depuis sa réélection, M. Mugabe promet de mettre de l'avant un programme d'appropriation par les Noirs, en forçant les entreprises étrangères ou détenues par des Blancs à céder 51 pour cent de leur propriété à des Zimbabwéens noirs. Certains économistes préviennent que ce programme risque de provoquer une nouvelle crise économique, comme celle qui a touché le Zimbabwe quand le gouvernement a saisi les fermes appartenant à des Blancs en 2000.

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