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Égypte: les procès de Hosni Moubarak et des chefs des Frères musulmans ajournés

25/08/2013 09:40 EDT | Actualisé 25/10/2013 05:12 EDT
AFP

Un tribunal du Caire a ajourné dimanche au 14 septembre le procès en appel de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak pour « complicité de meurtres » de manifestants lors de la révolte populaire de 2011 qui l'a renversé. Plus tôt, le procès de trois dirigeants des Frères musulmans accusés « d'incitation au meurtre » a aussi été ajourné.

L'ancien raïs et ses deux fils se sont présentés devant un tribunal au Caire. Moubarak est apparu, assis sur un brancard, derrière les barreaux dans la salle du tribunal. L'ex-dirigeant a quitté la prison, jeudi, et il est maintenant assigné à résidence.

L'homme de 85 ans avait été condamné, l'an dernier, à la prison à vie pour « complicité » dans le meurtre de manifestants. Une cour d'appel a cependant ordonné la tenue d'un nouveau procès.

Procès ajourné pour les dirigeants des Frères musulmans

Le procès du guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, et de ses adjoints Khaïrat al Chater et Rachad Bayoumi, reprendra le 29 octobre. Les trois dirigeants de la confrérie n'ont pas pu se présenter en cour pour des « raisons de sécurité ».

Ces accusations sont liées aux violences qui ont précédé l'éviction, le 3 juillet, du président Mohamed Morsi, lui-même issu des Frères musulmans. Les trois hommes encourent la peine capitale pour la mort d'au moins huit manifestants tués au Caire, le 30 juin.

Arrestation d'un proche du frère du chef d'Al-Qaïda

Les autorités égyptiennes ont arrêté dimanche un islamiste proche du frère du chef d'Al-Qaïda, Ayman al Zaouahri, pour avoir livré des armes aux partisans du président déchu Mohamed Morsi, apprend-on auprès des services de sécurité.

Daoud Khairat a été interpellé au Caire dans le quartier de Nasr où la police a mis fin dans le sang au sit-in des Frères musulmans et des pro-Morsi le 14 août dernier. Au moins cinq autres islamistes ont été arrêtés.

Les autorités décrivent Daoud Khairat comme le « bras droit » de Mohamed al Zaouahri, le frère du chef d'Al-Qaïda, qui a lui-même été arrêté en Égypte le 17 août.

Les Frères musulmans démentent faire usage d'armes à feu. Ils se présentent comme un mouvement pacifique sans lien avec les djihadistes d'Al-Qaïda.

Ces développements surviennent dans un contexte tendu en Égypte. Depuis une dizaine de jours, quelque 1000 personnes ont été tuées, surtout des partisans du président déchu Mohamed Morsi, dans des affrontements avec les forces de l'ordre.

L'Égypte est toujours sous l'état d'urgence. Le couvre-feu imposé dans la foulée des récentes violences a été raccourci de deux heures, samedi.

Un procès suspendu depuis le 11 mai

Près de 1000 personnes ont été tuées, essentiellement des pro-Morsi, et les principaux cadres des Frères ont été arrêtés, en plus de quelque 2000 partisans du président islamiste. Une centaine de policiers et soldats ont également trouvé la mort, dans les pires violences qu'a connues l'Egypte dans son histoire récente.

Moubarak, 85 ans, avait été condamné en juin 2012 en première instance à la prison à perpétuité pour "complicité" dans le meurtre de manifestants lors de la révolte populaire qui l'a renversé en février 2011 après plus de 30 ans au pouvoir. Il avait fait appel, et la Cour de cassation avait ordonné un nouveau procès, suspendu depuis le 11 mai.

Placé en liberté conditionnelle dans quatre affaires, dont ces meurtres et des cas de corruption, il a quitté sa prison jeudi pour être assigné dans un hôpital militaire du Caire.

"Incitation au meurtre"

Dimanche devait également s'ouvrir le procès de Mohamed Badie, le guide suprême des Frères musulmans arrêté dans la nuit de lundi à mardi dans un appartement du Caire où il se cachait, ainsi que ses deux adjoints, Khairat al-Chater --considéré comme le véritable homme fort de la confrérie-- et Rachad Bayoumi. Ils sont accusés d'"incitation au meurtre" de manifestants anti-Morsi le 30 juin.

Ce jour-là, des millions d’Égyptiens avaient manifesté pour réclamer le départ du président islamiste, le premier chef de l'Etat élu démocratiquement en Egypte, mobilisation que l'armée a invoquée trois jours plus tard pour le renverser.

Au cours du même procès, trois autres cadres des Frères musulmans devait comparaître pour le "meurtre" de manifestants anti-Morsi le 30 juin, et 29 autres personnes pour avoir participé directement aux violences ce jour-là. Les six cadres de la confrérie encourent la peine capitale.

Ajourné dans la matinée, ce procès des trois principales figures de l'exécutif de la confrérie aurait pu remettre de l'huile sur le feu. Mais le mouvement semble ne plus être en mesure de mobiliser, tant ses principaux activistes ont été décimés et ses dirigeants emprisonnés ces derniers jours.

Toujours sous état d'urgence

Vendredi, alors qu'ils appelaient à des manifestations de "millions" de personnes contre le "coup d'Etat" des militaires, les Frères ont mobilisé tout au plus quelques milliers de partisans.

Avant le début de la répression mi-août, les pro-Morsi mobilisaient des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants au Caire et dans les autres grandes villes. Mais la majorité des pro-Morsi ont manifestement peur de descendre dans la rue où le nouveau pouvoir a autorisé soldats et policiers à ouvrir le feu sur les manifestants hostiles.

Le pays est sous état d'urgence et les grandes villes sont truffées de chars de l'armée et de barrages. Le couvre-feu imposé au Caire et dans treize provinces en raison des violences ayant suivi la répression des pro-Morsi a été raccourci de deux heures samedi, et court de 21H à 06H, sauf le vendredi où il débute à 19H.

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Moubarak en images (Photos : AFP)