NEW DELHI (AFP) - Une femme photographe a été victime d'un viol collectif à Bombay, alors que son compagnon a été sévèrement battu, un fait divers très similaire à une affaire fin 2012 qui avait bouleversé l'Inde, a indiqué la police vendredi.

Dans un quartier chic de Bombay, cinq hommes s'en sont pris jeudi soir à une jeune femme de 23 ans qui prenait des photos de vieux immeubles pour un magazine, en compagnie d'un collègue.

Les agresseurs "ont battu l'homme, l'ont attaché et ont violé la femme, dans un endroit isolé du quartier de Shakti Mills", a précisé un officier de police, sous couvert d'anonymat.

La jeune femme, qui souffre de blessures internes, est traitée à l'hôpital. Elle a pu donner les prénoms de deux de ses agresseurs, qui s'étaient interpelés pendant l'agression, a ajouté le policier.

"Plusieurs suspects ont été interrogés mais personnes n'a été arrêté", a-t-il dit.

En décembre dernier, une étudiante de 23 ans, avait été sauvagement agressée, battues, violée puis jetée sur le trottoir par cinq hommes, à New Delhi. Son compagnon avait été battu. Elle est morte de ses blessures.

Cette affaire avait soulevé une vague de protestations dans le pays, où la classe moyenne n'accepte plus la légèreté dont la justice et les autorités font preuve dans le traitement des violences faites aux femmes.

Après des mois de manifestations massives, le parlement indien avait renforcé les lois punissant les crimes sexuels. Les manifestants critiquaient également la police et les hôpitaux, accusés de s'occuper à peine des crimes sexuels.

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  • De nouvelles manifestations...

    Des manifestations ont suivi l'annonce dans la nuit de vendredi à samedi 29 décembre du décès de la jeune femme.

  • Morte...

    On ignore le nom de la jeune fille décédée. Celle qui était surnommée "la fille de l'Inde" ("India's Daughter") était soignée depuis deux jours par un hôpital de Singapour. Son corps devait être rapatrié en Inde ce samedi, accompagné par ses parents qui se trouvaient à son chevet lorsqu'elle a été déclarée morte samedi à 4h45 (vendredi soir en France).

  • La police critiquée...

    La police a été sévèrement critiquée pour sa réaction contre les manifestations, comprenant l'usage fréquent de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

  • ...et le gouvernement.

    Le gouvernement a aussi dû se défendre d'avoir transféré la victime à Singapour afin d'éviter qu'elle ne meure sur le sol indien et ainsi n'alimente les tensions. T.C.A. Raghavan, ambassadeur indien à Singapour, a expliqué que la décision avait été prise pour des motifs médicaux après "consultations entre l'équipe médicale de Delhi et les chirurgiens et médecins de Singapour".

  • Des quartiers bouclés

    La police de New Delhi a appelé samedi la population au calme et a bouclé plusieurs quartiers du centre-ville. Le chef de la police a aussi annoncé le bouclage de la zone autour du monument de l'India Gate, épicentre de la colère des protestataires, et de dix stations de métro.

  • "Bientôt" des décisions pour protéger les femmes

    Le chef des autorités locales de New Delhi, Sheila Dikshit, a également demandé l'apaisement et assuré que "des décisions substantielles seraient prises très bientôt" pour protéger les femmes dans la capitale.

  • Ce n'est pas nouveau...

    "Le viol de la jeune femme et le traumatisme qu'elle a vécu ne sont pas nouveaux et cela est arrivé dans le passé mais cette affaire a fait sauter le couvercle de la marmite", a confié à l'AFP Anjali Raval, femme au foyer de 35 ans, lors d'un rassemblement.

  • "Pendez le violeur"

    De nombreux manifestants appelaient les autorités à pendre le violeur, comme le montre ce panneau "Hang the rapist" ("Pendez-le violeur").

  • Un crime particulièrement violent

    Les viols collectifs sont quotidiens en Inde et beaucoup d'entre eux ne font pas l'objet d'une plainte de la part des victimes, qui ne font pas confiance au système judiciaire poussif et sont découragées par les réactions des policiers hommes. Mais la nature particulièrement violente de l'attaque du bus a fait exploser la colère jusque-là contenue et a poussé le gouvernement à promettre plus de sécurité pour les femmes et des peines plus lourdes pour les crimes sexuels.

  • Les suspects arrêtés

    Les six hommes arrêtés pour cette agression devraient désormais été inculpés de meurtre, un crime qui peut leur valoir la peine de mort.