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20/08/2013 01:28 EDT | Actualisé 20/10/2013 05:12 EDT

Affaire Bradley Manning: le jeune soldat connaîtra sa peine mercredi

FORT MEADE, États-Unis - Une juge militaire américain a commencé mardi à réfléchir à la peine dont écopera le soldat Bradley Manning pour la plus importante fuite d'informations secrètes de l'histoire du pays. Cette peine sera prononcée mercredi à 14 h.

Manning risque jusqu'à 90 ans de réclusion pour avoir fourni au groupe WikiLeaks plus de 700 000 documents militaires et diplomatiques américains, ainsi que des vidéos de séquences de combat montrant la mort de civils.

Lundi, un procureur a estimé que l'accusé devrait passer 60 ans derrière les barreaux pour avoir «trahi les États-Unis». L'avocat du soldat n'a pas recommandé de peine spécifique mais a suggéré que cette peine ne devrait pas dépasser 25 ans, soulignant que la classification de certains documents coulés arrivait à échéance dans un quart de siècle.

Bradley Manning, âgé de 25 ans, a coulé des documents comprenant des rapports de combats en Irak et en Afghanistan, ainsi que des câbles diplomatiques du département d'État alors qu'il travaillait, au début 2010, comme analyste de renseignement en Irak.

Selon l'avocat de la défense David Coombs, Manning, qui avait 21 ans lorsqu'il s'est engagé, avait un parcours personnel et militaire plutôt limité. Son idéalisme de jeunesse a contribué à sa croyance qu'en diffusant les informations secrètes, il pouvait changer la façon dont la planète voyait les guerres d'Irak et d'Afghanistan, ainsi que tous les autres conflits.

Les procureurs ont plutôt qualifié l'accusé de pirate anarchiste et de traître, désirant attirer l'attention sur sa personne. Les partisans du soldat ont plutôt encensé Manning comme un héros dénonciateur.

La poursuite n'a pas expliqué pourquoi elle ne réclamait pas la peine maximale pour Manning, qui a été reconnu coupable en juillet sous 20 chefs d'accusation, dont six violations de la Loi sur l'espionnage et cinq chefs de vol d'informations secrètes.

Le gouvernement n'a pas été en mesure de démontrer que Manning savait que les documents parviendraient à Al-Qaïda, et l'accusé a dit avoir seulement coulé les informations qu'il estimait être sans risques pour la sécurité nationale.

Bradley Manning a par ailleurs présenté ses excuses pour avoir nui à son pays, la semaine dernière, réclamant du juge une chance d'aller à l'université et de devenir un citoyen productif.

Des membres de sa famille et un psychologue ont plaidé que le soldat était sous le coup d'une pression mentale extrême dans l'armée en raison de sa crise d'identité sexuelle, à une époque où les homosexuels ne pouvaient s'afficher ouvertement au sein de l'appareil militaire.

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