POLITIQUE
19/08/2013 12:18 EDT | Actualisé 19/10/2013 05:12 EDT

Transport de matières dangereuses par train: les municipalités doivent savoir, dit Harel

Agence QMI

Vision Montréal presse Québec et Ottawa de poser des gestes pour que les municipalités puissent enfin connaître quelles matières dangereuses transportent les compagnies ferroviaires. Elles pourraient alors préparer les plans d'urgence appropriés.

En conférence de presse ce matin, la chef du parti, Louise Harel, a fait savoir lundi qu'elle entend obtenir l'appui unanime du conseil municipal à ce sujet. Une motion déposée à cette fin sera débattue lundi prochain.

L'article 8 de la Loi sur la sécurité civile, adoptée en 2001 par Québec, prévoyait imposer diverses obligations à ce sujet aux transporteurs ferroviaires. Or le règlement d'application qui devait les préciser n'a jamais été adopté.

L'affaire a été révélée au grand jour dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic, où 47 personnes sont mortes brûlées vives après qu'un convoi de la Montreal Maine & Atlantic Railway eut déraillé en plein centre-ville, le 6 juillet dernier.

L'absence d'un règlement d'application entraîne une situation « très contradictoire », affirme la chef de Vision Montréal, pour qui le droit de savoir n'est pourtant « pas négociable ».

« C'est un excellent article 8 d'une excellente loi », a indiqué Louise Harel, qui était à l'époque de l'adoption de la loi ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole dans le gouvernement péquiste.

« Malheureusement, il n'est pas mis en œuvre encore, parce que depuis bientôt 12 ans, tout ça est resté en plan, faute d'un règlement d'application, qui est nécessaire pour mettre en œuvre cette disposition », a-t-elle déplorée.

Selon Mme Harel, le Centre de la sécurité civile exige depuis des années que les compagnies ferroviaires l'informent de la nature des matières dangereuses qu'elles transportent, des voies qu'elles utilisent pour le faire, de la fréquence des convois, etc., mais en vain.

Louise Harel soutient qu'Ottawa doit aussi revoir ses lois. En plus des législations en matière d'assurances qui s'appliquent après qu'un drame soit survenu, elle souhaiterait que du travail soit fait en amont. Chaque transporteur ferroviaire devrait être obligé de communiquer « au Centre de sécurité civile exactement ce qui est nécessaire pour préparer les plans d'intervention, de prévention, [...] en cas de force majeure » a-t-elle plaidé.

« Nous invitons aussi la ministre Lisa Raitt à briser le mur du silence », ajoute Vision Montréal dans un communiqué publié en marge de la conférence de presse. « Le gouvernement fédéral doit équiper, soutenir les premiers répondants municipaux en cas d'urgence ferroviaire. Nous souhaitons que la gestion des risques et des coûts liés à la sécurité ferroviaire et à la prévention ne soient pas délestés sur les seuls contribuables municipaux ».

Un déraillement qui illustre le problème

Le vice-président du comité exécutif de la Ville, Benoit Dorais, a souligné dans la foulée de Mme Harel que l'arrondissement Sud-Ouest, dont il est maire, est l'endroit où le trafic ferroviaire est le plus intense dans l'axe est-ouest au Canada. Tout les trains qui empruntent le pont Victoria, a-t-il rappelé, transitent dans le secteur, et des maisons se trouvent souvent à quelques mètres de la voie ferrée.

Il a rappelé qu'un train du CN a déraillé dans Pointe St-Charles le 24 septembre 2011, ce qui avait entraîné un déversement de granules de plastiques à proximité d'un centre communautaire, d'une école et d'un aréna. Le Bureau de la sécurité des transports, a-t-il dit, a notamment conclu que le train circulait trop rapidement dans le secteur. 

Le CN, a déploré M. Dorais, n'a même pas daigné prévenir quiconque du déraillement, en arguant qu'il était survenu dans sa cour de triage. Il a plaidé par la suite que le déversement n'avait aucune conséquence fâcheuse. 

« Le CN, à l'image d'autres grosses compagnies, [doit] se responsabiliser, rendre des comptes, indiquer ce qu'il [fait], pourquoi est-ce qu'il laisse des trains parfois sur les voies principales », a dit Benoît Dorais.

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