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19/08/2013 05:36 EDT | Actualisé 19/10/2013 05:12 EDT

Québec se penche sur le prix des livres neufs

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books in the library

La commission parlementaire sur une éventuelle réglementation du prix des livres neufs s'ouvre lundi à Québec. Il est question de limiter pendant quelques mois les rabais sur les nouveaux titres.

La commission parlementaire entendra des représentants du milieu du livre, des associations de consommateurs, et des commerçants. L'objectif est de mesurer l'impact culturel et socio-économique d'une éventuelle réglementation du prix des livres neufs.

Si le projet de loi est adopté, les grandes surfaces ne pourront plus offrir des prix plus bas que les autres librairies. Les rabais sur les nouveautés seraient limités à 10 % pendant neuf mois.

Selon l'éditeur Hervé Foulon, mêmes si les livres coûtent plus cher, les consommateurs vont continuer d'en acheter. Il prend l'exemple de Costco.

« Au lieu de les vendre à perte comme il le fait aujourd'hui, il va faire de l'argent, prédit-il. Et je suis certain que des gens qui ne mettent jamais les pieds en librairie, mais qui vont chez Costco, vont continuer d'acheter ces livres-là. »

Au Québec, le milieu du livre réclame depuis des années que les nouveautés soient vendues au même prix, dans les petites librairies et les grandes surfaces.

Des centaines d'écrivains, dont Michel Tremblay et Marie Laberge, y sont favorables pour la survie des librairies et pour maintenir une offre diversifiée.

« Je vends des livres que vous ne trouverez jamais dans des grandes surfaces, explique François Careil, libraire. Un gars comme Dany Laferrière, par exemple, il a fallu qu'il se fasse d'abord connaître dans les librairies normales. Maintenant, il est dans les grandes surfaces. »

La commission parlementaire devrait déposer son rapport fin septembre.

Le livre est la plus importante industrie culturelle au Québec. Elle emploie 12 000 à travers la province. Ses ventes frôlent les 800 millions de dollars par année.

Une quinzaine de pays, dont la France, l'Allemagne, le Japon et le Mexique, ont déjà choisi de réglementer le prix du livre.

D'après le reportage d'Ève Payette