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19/08/2013 06:24 EDT | Actualisé 19/10/2013 05:12 EDT

Hosni Moubarak pourrait être libéré dès cette semaine

AFP/STR

LE CAIRE, Égypte - L'ancien président égyptien Hosni Moubarak pourrait être libéré de prison cette semaine, ont indiqué lundi des responsables judiciaires.

Cette libération pourrait alimenter les violences qui sévissent en Égypte depuis la destitution du premier successeur élu démocratiquement depuis la fin du règne du président dictateur.

Confirmant une nouvelle fois la colère provoquée par la destitution du président élu Mohamed Morsi, des militants islamistes ont attaqué deux minibus transportant des policiers en congé dans le nord de l'Égypte, tuant 25 d'entre eux.

L'attaque, qui s'est produite dans la région de la péninsule du Sinaï, près de la ville de Rafah, fait craindre un soulèvement dans cette région désertique, qui borde Israël et la bande de Gaza.

Des funérailles militaires ont eu lieu en l'honneur des 25 policiers tués, après que leur corps eurent été rapatriés au Caire par avion. Le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, également en charge de la police, et le chef de l'armée, le général Sobhi Saleh, ont présidé la cérémonie.

Les cercueils des victimes, recouverts du drapeau rouge, blanc et noir de l'Égypte, ont été portés par des soldats et des policiers, en signe de solidarité.

Malgré les violences, l'état d'urgence et le couvre-feu qui sont maintenus, Le Caire a retrouvé une certaine forme de calme, lundi. La circulation était revenue à son niveau de congestion normal et les magasins étaient ouverts. Les fonctionnaires étaient également de retour au travail et la Banque centrale a ordonné aux institutions financières d'étirer d'une heure leurs heures d'ouverture dès mardi.

Durant ses décennies au pouvoir, le président Moubarak avait maintes fois prévenu le pays qu'il tomberait dans le chaos sans sa gouverne. Il est détenu depuis avril 2011, quelques semaines après le soulèvement qui a mené à sa chute.

Il a été reconnu coupable et condamné à la prison à vie en juin dernier, relativement à la mort de quelque 900 manifestants pendant les 18 jours du soulèvement. Sa condamnation a été renversée en appel et il fait maintenant face à un nouveau procès, en compagnie de l'ancien responsable de la sécurité et de six officiers de la police.

Cependant, des responsables judiciaires ont expliqué que plus rien ne justifiera la détention de l'homme de 85 ans si la cour accepte une requête de son avocat pour sa libération dans un dossier de corruption, plus tard cette semaine.

Selon des analystes, toutefois, les répercussions de la libération d'un président qui était largement contesté par la population pour abus et répression durant ses 29 années au pouvoir pourraient justifier de le maintenir en prison.

Les responsables judiciaires ont expliqué qu'un tribunal a aussi ordonné la remise en liberté de Moubarak lundi en lien avec une affaire de corruption et de détournement de fonds impliquant l'ancien président et ses deux fils.

La libération de Moubarak aurait aussi été ordonnée dans deux autres dossiers — le meurtre de citoyens en 2011, lors des manifestations qui ont mené à sa chute, et une affaire de profits illégaux.

Moubarak devait aussi être traduit en justice pour avoir accepté des cadeaux de la part de médias officiels, mais il en a déjà remboursé la valeur. Sa défense a soumis une demande pour sa libération en lien avec ce dossier, et une décision est attendue plus tard cette semaine.

Bien que Moubarak doive toujours subir un procès, la loi égyptienne prévoit qu'un individu ne peut être détenu pendant plus de deux ans en attente de son verdict.

Toutefois, sa remise en liberté durant l'une des pires crises qu'ait vécues l'Égypte depuis sa chute pourrait représenter un risque important pour le gouvernement, provisoirement dirigé par l'armée. Les dirigeants pourraient donc décider de le garder en prison.

Le pays est le théâtre de violences presque quotidiennes depuis que le président islamiste élu, Mohammed Morsi, a été chassé du pouvoir par l'armée, le 3 juillet.

L'organisme de surveillance des droits de la personne Human Rights Watch a accusé l'armée égyptienne, lundi, d'avoir usé de force excessive lors du démantèlement de deux camps de manifestants, mercredi dernier. Le bilan officiel de HRW s'établirait à 377 morts. Il a demandé aux dirigeants de renverser la décision récente de permettre le recours à la force mortelle lors d'attaques contre le gouvernement ou les forces de l'ordre.

Environ 1000 personnes ont perdu la vie dans les affrontements opposant les forces de l'ordre et les militants pro-Morsi depuis mercredi dernier.

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