NOUVELLES
18/08/2013 09:46 EDT | Actualisé 18/10/2013 05:12 EDT

Égypte: Les maisons de plusieurs membres des Frères musulmans ont été la cible de raids

LE CAIRE, Égypte - Les forces de sécurité égyptiennes ont tiré des gaz lacrymogènes contre un fourgon cellulaire, dimanche, dans une tentative de libérer un policier des mains de détenus s'étant révoltés, tuant au passage 36 suspects arrêtés lors de heurts entre partisans du président destitué et forces policières, ont indiqué des responsables.

La mort des prisonniers, capturés lors des violents heurts survenus au cours des derniers jours aux alentours de la place Ramsès, au Caire, survient alors que le chef de l'armée, le général Abdel-Fatah el-Sissi, a annoncé que les autorités ne toléreraient plus les violences après quatre jours d'affrontements ayant fait près de 900 morts à l'échelle du pays.

Alors que le général appelait à l'inclusion des islamistes dans le gouvernement, les forces de sécurité ont arrêté des membres des Frères musulmans lors de raids visant à empêcher d'autres manifestations en appui au président destitué Mohammed Morsi. Le gouvernement soutenu par l'armée estime que ces manifestations alimentent les tensions.

Les détenus tués faisaient partie d'un convoi de fourgons cellulaires transportant quelque 600 personnes vers la prison d'Abu Zaabal, dans le nord de l'Égypte, ont indiqué des responsables à l'Associated Press. Les prisonniers d'un de ces fourgons ont déclenché une émeute dimanche soir et ont réussi à capturer un policier à l'intérieur, ont précisé les responsables.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes dans le camion dans l'espoir de libérer le policier ayant été sévèrement battu, a-t-on précisé, avant d'indiquer que les personnes tuées avaient été asphyxiées.

Cette version contredit cependant les informations transmises par les médias officiels. L'agence MENA a en effet rapporté que les fourgons avaient été la cible de tireurs.

Les médias égyptiens ont également affirmé que les détenus tués et les tireurs provenaient tous des Frères musulmans, le mouvement dont M. Morsi est issu. Selon les responsables ayant discuté avec l'Associated Press, certains prisonniers venaient des Frères, mais d'autres pas.

Samedi seulement, les affrontements entre manifestants pro-Morsi et la police ont fait 79 morts.

Le général El-Sissi a assuré dimanche que l'armée n'avait pas l'intention de prendre le pouvoir en Égypte. Le 3 juillet, les militaires ont renversé le premier président démocratiquement élu du pays, après quatre jours de manifestations massives réclamant son départ.

Un échéancier militaire prévoit l'amendement de la Constitution et la tenue d'élections présidentielle et parlementaires en 2014.

Par ailleurs, le gouvernement intérimaire a entamé des délibérations pour interdire à nouveau, ou non, l'organisation des Frères musulmans. Le mouvement avait longtemps été illégal avant de remporter, il y a un an, les premières élections démocratiques d'Égypte.

Dans une déclaration commune, dimanche, les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen ont affirmé qu'il revenait à l'armée et au gouvernement intérimaire de mettre fin aux violences, mettant en garde contre l'usage de la force.