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16/08/2013 04:20 EDT | Actualisé 15/10/2013 05:12 EDT

Zimbabwe : l'opposition renonce à contester les élections

L'opposition zimbabwéenne a retiré vendredi un recours en justice qu'elle avait déposé pour contester les résultats de la présidentielle du 31 juillet, qui a vu la réélection controversée de Robert Mugabe avec plus de 61 % des voies. 

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui dénonce des fraudes pendant le scrutin, a déclaré avoir pris cette décision devant le refus de la Commission électorale du Zimbabwe de lui fournir des pièces essentielles du dossier.

Le MDC dit posséder des preuves orales des fraudes commises par le parti du président Mugabe, mais comptait sur la Commission électorale pour lui fournir les preuves écrites.

Le porte-parole du Mouvement accuse les neuf juges de la Cour constitutionnelle d'être partisans. Ces derniers auraient empêché le contre-interrogatoire des témoins pouvant raconter en détail les irrégularités électorales.  

L'un des membres les plus hauts placés du MDC rajoute qu'il n'y a « pas de but à aller en cour sans posséder une preuve hors de toute raisonnables » des allégations de fraude contre le président Mugabe. 

Ce dernier nie cependant toutes irrégularités ayant pu fausser les résultats. 

Fraudes présumées 

Le chef du MDC et aujourd'hui premier ministre, Morgan Tsvangirai, estime que ces élections ont été « une énorme farce ». Selon lui, 870 000 noms étaient inscrits en double sur la liste électorale.

Il dénonce aussi le fait que la liste électorale n'a été rendue publique qu'à la veille du scrutin, ce qui a rendu impossible toute vérification.

Le MDC affirme par ailleurs que de nombreux électeurs n'ont pas pu voter faute de trouver leur nom sur les registres, que d'autres ne se sont pas rendus dans le bon bureau de vote et que d'autres encore ne détenaient pas les documents d'identité requis.

Un organisme indépendant de contrôle du scrutin, le Zimbabwe Election Support Network, estime que plus de 750 000 électeurs étaient absents des listes électorales dans les villes, bastions du principal opposant de Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai.

Bilan mitigé 

Les pays occidentaux, qui n'avaient pas pu envoyer d'observateurs, ont eux aussi crié à la fraude, ainsi que le Botswana, seul pays africain à s'être prononcé.

Les observateurs de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) sont de leur côté satisfaits du déroulement du scrutin du 31 juillet, qui s'est passé sans violence. Ils ne sont toutefois pas allés jusqu'à le qualifier d'« honnête ».

Robert Mugabe, 89 ans, est au pouvoir sans interruption depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980. Il a été reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans, selon les résultats officiels de la présidentielle.

Robert Mugabe, envers et contre tous

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