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16/08/2013 05:09 EDT | Actualisé 15/10/2013 05:12 EDT

Vendredi de la colère en Égypte

EN DIRECT : La « journée de la colère » promise par les Frères musulmans a tourné à l'affrontement vendredi entre les partisans du président déchu Mohamed Morsi et les forces de l'ordre, faisant une cinquantaine de morts, selon des sources des services de sécurité.

Des milliers de pro-Morsi manifestent au centre du Caire et dans d'autres villes du pays pour protester contre le « régime militaire », tandis que l'armée égyptienne s'est déployée en force pour protéger les « installations névralgiques » du pays.

Notre envoyé spécial au Caire Akli Aït Abdallah affirme que la tension monte de minute en minute.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés et des coups de feu ont été entendus au Caire. Le pouvoir mis en place par les généraux avait prévenu que l'armée ouvrirait le feu sur quiconque prendrait pour cible la police ou les institutions de l'État.

L'appel des islamistes à manifester leur colère survient après l'assaut donné il y a deux jours par les forces de l'ordre contre deux campements des partisans de Mohamed Morsi, qui a fait plus de 600 morts et quelque 3500 blessés, selon le gouvernement de transition. Les Frères musulmans font quant à eux état de 2600 morts et 10 000 blessés.

Des manifestations contre cette intervention policière égyptienne se tiennent également dans d'autres pays vendredi, notamment au Pakistan, au Yémen et en Indonésie. Des centaines de personnes ont également manifesté à l'appel de groupes islamistes à Khartoum, Amman, Ankara, Tunis, Rabat, Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Pendant ce temps, la communauté internationale se montre de plus en plus inquiète de la situation en Égypte. Les représentants des 28 États membres de l'Union Européenne viennent d'être convoqués pour une réunion lundi à Bruxelles.

Le président français François Hollande a discuté de la question avec la chancelière allemande  vendredi. Les deux dirigeants ont demandé « une concertation urgente au niveau européen » sur la sanglante crise égyptienne.

Ils  « ont appelé à une cessation immédiate des violences » et au « retour au dialogue entre Égyptiens ».

Le président français devait également s'entretenir avec le premier ministre britannique en après-midi par téléphone. Le Conseil de sécurité des Nations unies, qui s'est réuni d'urgence la veille, a exhorté toutes les parties à cesser les violences.

Le Canada a quant à lui annoncé la fermeture jusqu'à nouvel ordre de son ambassade au Caire afin d'assurer la sécurité de son personnel consulaire.

L'Arabie saoudite se range du côté des autorités égyptiennes « face au terrorisme ».

Barack Obama critiqué

La présidence égyptienne a pour sa part accusé le président américain Barack Obama d'encourager les groupes violents avec ses critiques contre l'intervention des forces de sécurité contre les manifestants islamistes.

Par voie de communiqué publié vendredi, le pouvoir égyptien mis en place par l'armée affirme que les propos du président américain ne se basent pas sur des « faits ».

Il assure que l'Égypte est confrontée à des « actes terroristes » en allusion aux attaques contre des églises chrétiennes et contre des bâtiments publics imputées aux Frères musulmans.

L'intervention des forces de sécurité, mercredi, contre les manifestants islamistes a fait des centaines de morts en Égypte.

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