POLITIQUE
16/08/2013 01:36 EDT | Actualisé 16/10/2013 05:12 EDT

Un syndicat demande au gouvernement Harper de créer une société d'État pour le sans-fil

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MONTRÉAL - Un important syndicat demande au gouvernement Harper de mettre sur pied une société de la Couronne qui deviendrait le quatrième grand fournisseur de services de télécommunications sans fil au pays, afin d'éventuellement empêcher le géant américain Verizon de faire son entrée sur le marché canadien.

Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) aimerait également que le fédéral repense certaines dispositions qu'il juge avantageuses pour Verizon, qui s'est dit intéressé par le marché canadien.

Le SCEP représente des milliers de travailleurs de Bell Canada, filiale de BCE (TSX:BCE), qui est l'un des plus importants fournisseurs de services sans fil au Canada et l'un des leaders de la campagne en cours visant à obtenir que le gouvernement Harper modifie sa politique.

«Pour sortir de cette crise, il est important que le gouvernement soit capable de penser autrement, et établir une entreprise publique de télécommunications serait une façon intelligente de le faire», a affirmé le président du syndicat, Dave Coles.

Si le gouvernement a l'intention de fournir aux consommateurs un quatrième fournisseur d'importance dans chaque marché canadien, il devrait faire l'acquisition de l'un des petits joueurs en difficulté, réserver une partie du spectre qui sera attribué l'an prochain et mettre sur pied une société de la Couronne, a-t-il ajouté.

Le gouvernement conservateur ne s'est pas montré intéressé à modifier sa politique. Il a d'ailleurs lancé vendredi un site web afin de convaincre les consommateurs du bien-fondé de son approche.

«Nous traitons les consommateurs en priorité, dit-il sur ce site, et défendons le choix dans l'industrie canadienne du sans-fil — est-ce que vous êtes avec nous?»

Le gouvernement affirme en outre qu'il «traite les consommateurs en priorité en adoptant une politique pour la concurrence et pour les consommateurs», ajoutant que «depuis 2008, le coût moyen des services sans fil offerts aux Canadiens a diminué de près de 20 pour cent».

M. Coles a fait remarquer vendredi que d'autres gouvernements étaient impliqués dans des entreprises de télécommunications.

Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a fait l'acquisition d'un petit fournisseur de services d'accès à Internet en 2007 afin d'aider à consolider le secteur des télécommunications de ce pays, a-t-il indiqué, ajoutant que la société d'État SaskTel était un joueur de premier plan du secteur des télécommunications de la Saskatchewan.

Selon M. Coles, une entreprise de télécommunications de la Couronne embaucherait des Canadiens, contribuerait à la croissance de l'industrie et retournerait tout excédent aux contribuables.

Les plus importants fournisseurs canadiens — Telus (TSX:T), Rogers (TSX:RCI) et Bell — ont également lancé leurs propres campagnes dans les médias pour faire valoir qu'en vertu des règles actuelles, ils seraient désavantagés si Verizon faisait son entrée sur le marché canadien du sans-fil.

Selon certaines informations, Verizon songe à faire l'acquisition du petit fournisseur Wind Mobile — et possiblement de Mobilicity — afin d'entrer sur le marché canadien.

Ceux qui s'y opposent affirment que Verizon, qui compte environ 100 millions de clients aux États-Unis, dominerait la concurrence canadienne en raison des règles actuelles, qui lui donneraient un avantage injuste lors de la prochaine attribution du spectre sans fil.

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