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16/08/2013 05:31 EDT | Actualisé 16/10/2013 05:12 EDT

Plaidoyer pour le transfert d'un schizophrène d'un pénitencier à un institut

Les criminels souffrant de maladie mentale devraient-ils être internés plutôt qu'emprisonnés? La famille de l'un d'eux croit que oui et se bat pour qu'il soit transféré à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal.

Depuis des semaines, des membres et des amis de la famille de Martin Gauthier-Béland manifestent devant le palais de justice de Montréal pour dénoncer son incarcération.

M. Gauthier-Béland souffre de schizophrénie paranoïde. Il a été interné à plusieurs reprises depuis l'âge de 14 ans. En septembre 2010, alors qu'il vivait en maison de transition, il a poignardé à mort son colocataire avant de se livrer à la police.

Depuis ce temps, il est détenu dans un pénitencier fédéral où, selon sa famille, il ne reçoit pas les soins psychiatriques auxquels il aurait droit.

« Martin, c'est un être humain », raconte Mario Fillion, un ami de la famille. « En tant qu'être humain, il a le droit comme tout le monde à vivre et non à ce qu'on le laisse de côté. On ne fait pas ça avec des animaux », s'insurge-t-il.

Pourtant, le juge qui a condamné M. Gauthier-Béland à 10 ans de détention avait recommandé qu'il soit interné à l'Institut Philippe-Pinel, estimant que « la preuve [...] démontre que [sa] condition mentale est telle qu'il est très difficile d'imaginer qu'il puisse être détenu dans un pénitencier », un point de vue partagé par la défense et la Couronne.

« On savait très bien que même en détention dans un pénitencier fédéral, cette personne manquerait de soins et c'est la raison pourquoi et la défense et la poursuivante ont appuyé cette décision-là », explique Me David Petronic, avocat de Martin Gauthier-Béland.

Mais M. Gauthier-Béland est toujours en prison. Et sa mère, qui rappelle que son fils a l'âge mental d'un enfant de 12 ans, est découragée.

« Martin n'est pas une personne comme les autres, puis il est diagnostiqué depuis l'âge de 14 ans [...] Il n'a pas â être avec les détenus dans un milieu carcéral, il n'a pas de soins », raconte-t-elle.

Le problème, c'est que la décision sur le lieu de détention d'un criminel n'appartient pas au juge, mais au Service correctionnel du Canada, qui a décidé que Martin Gauthier Béland serait soigné en prison. L'agence fédérale a refusé de commenter ce cas, mais a assuré être en mesure d'offrir des services psychiatriques dans les pénitenciers.

En principe, Martin Gauthier-Béland sera remis en liberté en 2020.

« Il reste sept ans et quelques mois de soins à ce monsieur-là, et il a besoin de ces sept ans pour être soigné pour redevenir, entre parenthèse, quelqu'un qui va être bien, physiquement et mentalement », croit Mario Fillion.

Reste à voir si son appel sera entendu.

D'après les reportages de Normand Grondin et d'Alexandre Touchette

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