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16/08/2013 10:56 EDT | Actualisé 16/10/2013 05:12 EDT

La Caisse de dépôt et placement du Québec affiche un rendement de 4,5 % sur six mois

PC

MONTRÉAL - Michael Sabia accueille avec enthousiasme l'investissement de Warren Buffett dans Suncor Énergie et espère que l'Américain investira davantage dans d'autres entreprises qui figurent dans le portefeuille de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

«J'espère que ça va faire tripler la valeur (de notre investissement)», a affirmé le président et chef de la direction de l'institution québécoise en marge d'une conférence téléphonique sur les résultats semestriels de la Caisse.

«Si ça ne triple pas, j'espère que ça va quadrupler», a ajouté M. Sabia.

Berkshire Hathaway Holdings, une des sociétés d'investissement de M. Buffett, l'un des hommes les plus riches de la planète, a acquis quelque 17,8 millions d'actions de l'entreprise canadienne Suncor Énergie(TSX:SU), qui exploite notamment le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta.

Selon des données de la Commission des valeurs mobilières des États-Unis datées du 30 juin dernier, la Caisse détenait 24,3 millions d'actions, valant plus de 689,2 millions $, de Suncor.

«Je fais tout ce que je peux pour l'encourager (M. Buffett) à regarder notre portefeuille et l'inciter à investir», a déclaré M. Sabia.

«Il faudra cependant attendre avant de voir si cela se concrétisera.»

Le grand patron de la Caisse a également indiqué que l'institution pourrait considérer un partenariat afin d'acquérir Blackberry (TSX:BB), dont le conseil d'administration a entrepris un processus qui pourrait se traduire par la vente de la société, des partenariats ou d'autres choix stratégiques.

«Ce n'est pas sur la table en ce moment, mais nous sommes ouverts à étudier plusieurs scénarios», a dit M. Sabia.

En entrevue, l'ex-numéro deux de l'institution, Michel Nadeau, a dit douter que la Caisse soit impliquée dans une transaction pour Blackberry.

«Ça va être trop difficile de trouver une solution canadienne, a-t-il expliqué. Ça risque d'être un gros joueur comme Nokia, Samsung ou Apple qui va acheter Blackberry, malheureusement.»

Par ailleurs, M. Sabia s'est également dit confiant de voir SNC-Lavalin (TSX:SNC) et Rona (TSX:RON), qui traversent actuellement des périodes difficiles, remonter la pente.

La nouvelle direction de la firme d'ingénierie tente de mettre derrière elle les allégations de corruption et de malversations qui ont éclaboussé l'entreprise, alors que le quinquailler, en pleine restructuration, a essuyé une perte de près de 40 millions $ au dernier trimestre.

Rendement en hausse

Du côté des résultats, le rendement de la Caisse au cours des six premiers mois de l'année s'est élevé à 4,5 pour cent, ce qui a surpassé celui de son portefeuille de référence.

Il surpasse ainsi celui de 3,5 pour cent enregistré au cours de la même période en 2012 et celui de 3,7 pour cent en 2011. Sur une période de quatre ans, le rendement de la Caisse a atteint 10,5 pour cent, comparativement à 9,1 pour cent pour son indice de référence.

Quant à son actif net, pour la période qui s'est terminée le 30 juin, il a été de 185,9 milliards $, en hausse de 9,7 milliards $ par rapport à son niveau de 176,2 milliards $ au 31 décembre 2012.

L'augmentation de 7,8 milliards $ des placements nets s'explique par une hausse de 6,3 milliards $ des considérations d'équité, un gain de 1,7 milliard $ des placements sensibles à l'inflation ainsi qu'un recul de 600 millions $ dans les revenus fixes.

Selon la Caisse, ce recul de 600 millions $ des revenus fixes, dont le rendement est toutefois supérieur à celui de l'indice de référence, s'explique en grande partie par la remontée des taux d'intérêt.

M. Sabia a aussi affirmé que la nouvelle stratégie d'investissement de la Caisse, notamment avec le lancement du portefeuille Actions Qualité mondiale, dont l'actif représente près de 9,5 milliards $, a influencé positivement le rendement semestriel de l'institution.

Il faudra cependant attendre quelques années avant de mesurer l'impact de cette stratégie, selon lui.

«Six mois, selon nous, ça ne veut pas dire grand chose, surtout dans un contexte où les marchés varient énormément d'une journée à l'autre», a dit M. Sabia.

La Caisse a également investi 1,5 milliard $ au Québec en plus de procéder à des acquisitions dans le secteur de l'immobilier, dont la participation de 50 pour cent de certains clients de la société Alberta Investment Management Corporation (AIMCo) dans Place Ville Marie, à Montréal.

Selon M. Nadeau, il s'agit de résultats encourageants.

«M. Sabia et son équipe ont fait du bon travail, a-t-il dit. Ils ont été chanceux et leur "timing" a été bon. Ils ont modifié leur stratégie, notamment pour se concentrer davantage sur des actifs plus traditionnels. Ils méritent un "A".»

Pour M. Sabia, les résultats de la Caisse sont notamment attribuables aux signes de stabilité que semble montrer l'économie mondiale.

«L'économie américaine performe mieux que ce qui était anticipé, a souligné le grand patron de la Caisse. De plus, l'Europe semble avoir touché le fond. En Chine, le gouvernement semble déterminer à freiner la croissance économique à 7 ou 7,5 pour cent.»

Ce dernier a cependant rappelé que l'économie canadienne avait été influencée par les décisions du gouvernement chinois.

«Qui dit ralentissement de la croissance en Chine dit aussi réduction du prix des matières premières, ce qui explique en partie la croissance plus faible de l'économie canadienne ainsi que la baisse des marchés boursiers canadiens au premier semestre», a-t-il observé.

Considérant que la performance de la Caisse était «raisonnable» et «correcte» pour le premier semestre, M. Sabia a rappelé qu'il était préoccupé par le long terme.

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