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16/08/2013 05:43 EDT | Actualisé 16/10/2013 05:12 EDT

Jean-Philippe Maranda termine les Jeux du Canada avec le dessert

SHERBROOKE, Qc - Jean-Philippe Maranda avait gardé le meilleur pour la fin aux Jeux du Canada, vendredi. L'athlète en fauteuil roulant pouvait finalement s'offrir son dessert préféré, «un bon brownie», après avoir soufflé l'or à un Ontarien dans le sprint de 200 mètres.

Le Québécois a atteint son objectif qui était de monter sur le podium dans les trois courses paralympiques des Jeux. Jeudi, il avait mérité le bronze dans les épreuves de 400 et 1500 mètres.

Il a craint de perdre sa troisième place au 1500 m puisqu'on l'avait disqualifié après la finale, à la suite d'un protêt reçu. Le Québec a contesté la décision, et on s'est ravisé au bout du compte. Maranda a officiellement obtenu sa médaille, vendredi.

Pour le Beauceron de Saint-Georges, âgé de 26 ans, ce tour du chapeau aux Jeux du Canada couronne un été d'apprentissage intensif. Pratiquant l'athlétisme en fauteuil roulant depuis moins de deux ans, il est convaincu plus que jamais d'avoir trouvé sa voie dans le sport.

Histoire peu banale

Son histoire n'est pas banale. Voué à un bel avenir en haltérophilie à l'aube de la vingtaine, il se voyait prendre part aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008. C'était avant que le destin ne vienne faucher son rêve. Le 31 mars 2007, il a été victime d'un accident d'automobile qui l'a laissé paraplégique. Un accident bête, une distraction au volant, et il a effectué une mauvaise manoeuvre en tentant de récupérer un I-Pod sous son siège.

Rapidement, on l'a entrepris, comme il le dit, afin qu'il continue de faire du sport. On lui a fait essayer le vélo à mains, il n'a pas aimé. On l'a initié au fauteuil de course, il n'a pas accroché. Après quelques années, au cours desquelles il a broyé du noir, il est revenu au fauteuil et a poussé l'expérience. Le déclic s'est alors fait.

«À un moment donné, tu te dis, 'Allez fonce'. Essaie peu importe ce qui arrive, si tu n'essaies pas tu ne le sauras pas, a-t-il relaté. Quand j'ai commencé à penser de la sorte, je ne me suis plus imposé de limites.»

Au cours de la dernière année, il a réalisé des progrès formidables. En juillet, il a pris part aux Championnats du monde de parathlétisme, à Lyon, en France, améliorant tous ses meilleurs chronos personnels. Il s'est par la suite rendu à Londres, où il a terminé troisième d'une course dans un Stade olympique rempli à capacité.

«C'était très impressionnant. Tu entres dans le stade, c'est plein à craquer. On dirait que tu manques d'air en voyant ça.»

Ça lui a davantage donné le goût de tenter sa chance en vue des Jeux paralympiques de Rio, en 2016.

«Je suis encore un bébé dans le sport, mais c'est possible, mentionne celui qui a continué de parfaire ses chronos aux Jeux du Canada. Avec la progression que j'ai connue cette année, mon classement mondial va s'améliorer grandement.»

Dirigé par l'entraîneur Jean Laroche, Maranda a également profité du marrainage de Diane Roy, grande championne de parathlétisme.

«Diane m'aide vraiment beaucoup. C'est agréable de s'entraîner avec elle parce qu'elle a de la jasette. Le temps passe plus vite», a-t-il conclu, en s'esclaffant.

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