Quatre candidats à la mairie de Montréal, Denis Coderre, Marcel Côté, Richard Bergeron et Mélanie Joly, ont croisé le fer pour une première fois à l'amphithéâtre du pavillon Sherbrooke de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), à l'invitation de l'École d'été de l'Institut du Nouveau Monde (INM).

Des jeunes des quatre coins du Québec ont répondu en masse à l'appel de l'Institut de l'INM et le pavillon de Sherbrooke a fait salle comble pour ce premier débat pré-électoral.

L'ombre de la corruption et des scandales ayant plombé l'administration montréalaise - allant jusqu'à pousser deux maires à la démission - a plané au-dessus du débat durant toute la soirée.

Les quatre candidats ont échangé quelques piques entre eux, déviant souvent des sujets imposés par l'animatrice du débat, la journaliste Anne-Marie Dussault. Celle-ci a semblé peiner, à plusieurs reprises, à garder le contrôle des adversaires et des spectateurs dans la salle.

Des jeunes à convaincre

Le débat a commencé en abordant une réalité inévitable : 30 % de la population montréaise se trouve sous la barre des 35 ans. De prime abord, les candidats ont dû s'exprimer sur les rêves que partage cette tranche d'âge pour leur ville.

D'entrée de jeu, le candidat Marcel Côté a fait la promesse d'étendre l'application du tarif étudiant de la Société de transport de Montréal à tous les étudiants, y compris ceux qui ont plus de 25 ans. M. Côté souhaite aussi organiser une « agora annuelle » qui permettrait aux jeunes de rencontrer les dirigeants de la ville. Il souhaite exploiter la réalité étudiante de la ville, qui regroupe neuf universités.

Richard Bergeron a promis pour sa part de permettre à des jeunes de siéger sur les conseils d'administration des sociétés municipales et paramunicipales. Il déplore que seule la Société de transports de Montréal (STM) inclut actuellement la participation d'un jeune au sein de son conseil.

De son côté, Mélanie Joly affirme vouloir garder 30 000 familles à Montréal d'ici 2017. Quant à Denis Coderre, il a soutenu qu'il fallait aider les étudiants avec enfants ayant besoin de logements abordables.

Une apathie à combattre

Le deuxième thème abordé a été celui de la participation citoyenne. Tous ont bien sûr rappelé leur intention d'ouvrir les structures municipales à la population et à leurs idées.

Denis Coderre mise sur les technologies pour rapprocher le citoyen de son administration, en mettant en place une « ville intelligente ». Il a donné en exemple la création d'une application anti-nids-de-poule qui permettrait aux citoyens de signaler les endroits où des réparations de la chaussée sont nécessaires.

« Il faut que Monsieur et Madame tout le monde puissent avoir voix au chapitre. » — Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal

Richard Bergeron soutient que « ça arrange du monde que les jeunes ne votent pas » et invite les jeunes à se joindre à son parti pour qu'ils soient représentés à l'Hôtel de Ville. Pas besoin d'aile jeunesse à Projet Montréal, a-t-il lancé plus tôt en soirée, « les jeunes sont en majorité! »

De son côté, Marcel Côté admet que la participation citoyenne est inévitable pour une saine gestion d'une ville. Il donne l'exemple de la coalition qui gère actuellement Montréal afin de s'adapter à un contexte de crise politique. Il souligne aussi le travail de l'Office de consultation publique de Montréal, tout en rappelant l'importance d'écouter et d'appliquer ses recommandations.

Cofondatrice de Générations d'idées, Mélanie Joly a rappelé qu'elle s'intéresse au sujet de la participation citoyenne depuis longtemps. Elle s'engage notamment à rendre publiques toutes les informations que la Ville détient.

Une image à refaire

Sujet dans l'air du temps, l'enjeu de la transparence a bien sûr été abordé par les candidats. Richard Bergeron soutient que son parti est le seul à avoir publié (et dans un format accessible) les noms des citoyens ayant contribué à la campagne de financement de Projet Montréal.

Dans la foulée des échanges, les trois autres candidats n'ont pas tardé à promettre de rendre publiques toutes les informations concernant leur financement politique.

Considéré par plusieurs comme le favori de cette course, Denis Coderre a été la cible de plusieurs attaques. L'ancien député fédéral a semblé avoir fort à faire pour se départir de son aura de « politicien de la vieille école », ses adversaires, et plus particulièrement Mme Joly, ne manquant pas une occasion de souligner qu'il avait récupéré « la moitié de l'ancienne équipe d'Union Montréal », le parti de l'ex-maire Tremblay.

« On va faire ça simple: il n'y a pas d'anciens d'Union Montréal chez Projet Montréal. » — Richard Bergeron, chef de Projet Montréal et candidat à la mairie

Invités par Anne-Marie Dussault à se décrire en un seul mot en guise de conclusion, Denis Coderre s'est dit un « pragmatique d'expérience », Richard Bergeron s'est décrit comme « intègre », Mélanie Joly affirme être le « changement » et Marcel Côté serait le plus « réfléchi ».

Le candidat indépendant à la mairie de Montréal Michel Brûlé, qui était dans la salle vendredi soir, conteste le fait de ne pas avoir été invité à ce débat. Il a d'ailleurs fait parvenir une mise en demeure à l'Institut du Nouveau Monde.

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  • Denis Coderre

    Le député fédéral de Bourassa, Denis Coderre, a annoncé officiellement sa candidature à la mairie de Montréal le 16 mai dernier devant l'hôtel de ville, où l'attendait un groupe de manifestants, qui ont fait sentir leur présence lors de son allocution. En conférence de presse, Denis Coderre a déclaré qu'il brigue la mairie de Montréal pour pallier le « manque de leadership flagrant » à la tête de la métropole québécoise à qui il désire rendre sa fierté et ses lettres de noblesse. (Source: Radio-Canada)

  • Marcel Côté

    Marcel Côté, associé principal et co-fondateur de SECOR, a annoncé sa <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/07/03/marcel-cote-devient-candidat-a-la-mairie-de-montreal_n_3539992.html" target="_blank">candidature le 3 juillet 2013</a>. Il a pris la tête d'une coalition, nommée Coalition Montréal, qui inclut Vision Montréal.

  • Mélanie Joly

    Âgée de 34 ans, Mélanie Joly a annoncé sa candidature le 17 juin 2013. Elle affirme vouloir <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/06/17/melanie-joly-se-lance-dans-la-course-a-la-mairie-de-montreal_n_3453826.html" target="_blank">gouverner par coalition</a>, conjointement avec les autres partis. Avocate de formation, elle a pratiqué le droit en litige commercial avant de se joindre au cabinet de relations publiques Cohn & Wolfe, à Montréal. (Source: Radio-Canada)

  • Richard Bergeron

    Le chef de Projet Montréal a confirmé dès le départ du maire Gérald Tremblay qu'il se présentera pour le poste en novembre prochain.

  • Michel Brûlé (Archive 2005)

    L'éditeur des Éditions des Intouchables a confirmé le 4 juillet à <em>La Presse</em> qu'il allait se présenter à titre de <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201307/04/01-4667480-michel-brule-se-lance-dans-la-course-a-la-mairie.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1" target="_blank">candidat indépendant</a>. Michel Brûlé est toutefois un personnage controversé. Il a lui-même <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/regional/montreal/201012/04/01-4349203-michel-brule-oui-jai-rencontre-des-prostituees.php" target="_blank">admis avoir «rencontré des prostituées»</a>. Une position qu'il a plus tard nuancé en affirmant qu'il n'avait pas nécessairement utilisé leurs services.

  • Louise Harel

    La chef du parti Vision Montréal, Louise Harel, s'est ralliée à la coalition de Marcel Côté le 2 juillet 2013. Elle sera candidate au poste de conseillère de ville dans l'arrondissement de Ville-Marie.

  • Michael Applebaum

    Dès son arrivée à titre de maire intérimaire après le départ de Gérald Tremblay, Michael Applebaum a annoncé qu'il ne serait pas candidat. Michael Applebaum a depuis démissionné du poste de maire intérimaire à la suite de son arrestation par l'UPAC le 17 juin dernier. Il fait face à 14 chefs d'accusation, dont fraude, corruption et abus de confiance.

  • Raymond Bachand

    Des rumeurs ont circulé sur l'ex-candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec. Il a toutefois <a href="http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2012/11/20121117-153920.html" target="_blank">nié son intérêt</a> pour diriger la métropole.

  • Michel Labrecque

    Le président de la Société de transport de Montréal <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/regional/montreal/201303/21/01-4633197-michel-labrecque-ouvre-la-porte-a-la-mairie.php" target="_blank">a ouvert la porte</a> à une candidature à la mairie de Montréal, avant de finalement se désister. Son mandat à la tête de la STM prendra fin avant les élections de novembre prochain.

  • Michael Fortier

    L'ex-ministre fédéral conservateur et ex-sénateur a souvent été nommé parmi les candidats potentiels. Toutefois, lors d'une conversation avec un éditorialiste de La Presse ce printemps, Michael Fortier a <a href="http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/2013/03/22/normand-legault-a-la-mairie-labrecque-coderre-fortier/" target="_blank">fermé la porte</a> à cette possibilité.

  • Normand Legault

    L'homme d'affaires et ex-patron du Grand prix du Canada a également rejeté les rumeurs quant à sa possible candidature.

  • David La Haye

    L'acteur québécois affirme qu'il songe sérieusement à se présenter comme candidat à l'élection du 3 novembre prochain. Il a même <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/02/20/david-la-haye-devoile-le-nom-de-son-nouveau-parti-pour-la-mairie-de-montreal_n_2727881.html" target="_blank">trouvé un nom pour un nouveau parti</a>: Renouveau Montréal.

  • Gilbert Rozon

    Le président de Juste pour rire, un autre nom qui circule régulièrement, <a href="http://www.ledevoir.com/politique/montreal/350664/gilbert-rozon-ne-briguera-pas-la-mairie-de-montreal" target="_blank">a affirmé l'an dernier</a> qu'il ne se présenterait pas.

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