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16/08/2013 10:10 EDT | Actualisé 16/10/2013 05:12 EDT

Afrique du Sud : la minière de Marikana s'excuse

Des milliers de mineurs ont commémoré la mort de 34 des leurs il y a un an dans une fusillade policière à la mine Marikana, dans le nord de l'Afrique du Sud. La société minière britannique Lonmin, qui exploite le site, a profité de l'occasion pour leur demander pardon.

« Nous ne remplacerons jamais vos êtres aimés, et je dis que nous en sommes vraiment désolés », a déclaré le PDG de Lonmin Ben Magara devant les mineurs et leurs familles.

« Tous les jours nous ressentons les conséquences de cette tragédie », a-t-il ajouté. « Autant de vies n'auraient pas dû être perdues [...] en tant que nation, nous devons apprendre que cela n'aurait pas dû arriver et que cela ne doit plus jamais arriver. »

Les mineurs s'étaient donné rendez-vous dans le terrain vague jouxtant les installations où s'est produite la fusillade, la pire de l'histoire sud-africaine depuis la chute du régime ségrégationniste de l'apartheid en 1994. Ils s'y sont réunis en entonnant des chants traditionnels. « Je suis ici pour rendre hommage aux collègues qui ont perdu la vie l'an dernier et soutenir leurs familles », explique un mineur de 32 ans qui préfère conserver l'anonymat.

« C'est un moment très douloureux », poursuit un autre mineur, Christopher Duma, 45 ans. « Et la violence est toujours aussi forte dans la région », ajoute l'ouvrier qui travaille à la mine de platine exploitée par le groupe britannique Lonmin depuis 28 ans.

Les rivalités syndicales, qui avaient mis le feu aux poudres en 2012, persistent. Dans ce contexte, plusieurs militants ont été tués depuis un an à Marikana. Une responsable du syndicat Amcu, le syndicat qui a supplanté le NUM à titre de syndicat majoritaire, a été abattue devant chez elle.

Preuve des tensions toujours persistantes, le NUM a décidé de boycotter les commémorations de la fusillade.

La présence du président sud-africain, Jacob Zuma, n'est pas prévue, mais ce dernier a invité ses concitoyens à faire de cette journée un moment de réflexion.

La commission d'enquête sur la tragédie, lancée par le président Zuma, n'a toujours produit de résultats, une situation qui engendre une défiance envers la police. « Nous ne savons toujours pas précisément ce qui s'est passé à Marikana, la commission n'a pas rendu ses conclusions. Nous ne sommes pas près de pouvoir déterminer qui est responsable de la mort des 34 mineurs », conclut l'analyste politique Eusebius McKaiser.

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