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15/08/2013 03:43 EDT | Actualisé 15/10/2013 05:12 EDT

Oléoducs: l'Ontario promet d'évaluer les impacts sur l'environnement

TORONTO - Les inquiétudes environnementales liées à l'inversion du flux d'un oléoduc d'Enbridge pour transporter le pétrole albertain vers l'est du pays, en passant par l'Ontario, seront abordées avant qu'une décision soit prise dans ce dossier, a promis jeudi la première ministre de la province, Kathleen Wynne.

Ces inquiétudes devront être au centre de toutes négociations à propos du passage du pétrole en Ontario, a-t-elle poursuivi, ajoutant que son gouvernement travaillerait de concert avec toutes les parties, dont les peuples autochtones.

«Nous devons nous assurer que ces inquiétudes soient comprises, examinées et abordées de manière franche, de sorte qu'elles seront intégrées aux conversations dès le départ. Nous éviterons ainsi de nous retrouver avec un manque de compréhension et des réactions négatives», a déclaré Mme Wynne.

Les manifestations contre le projet d'oléoduc se sont multipliées en Ontario depuis qu'Enbridge a fait part de son plan d'acheminer du pétrole de l'ouest du pays vers les raffineries du Québec et de l'Ontario.

En juin, des opposants ont bloqué une station de pompage d'Enbridge située près de Hamilton. Dix-huit personnes qui avaient refusé de quitter les lieux ont été arrêtées et accusées. Mercredi, sept autres personnes ont été accusées pour avoir perturbé le déroulement d'une audience au tribunal de Hamilton.

Les opposants rejettent le plan d'Enbridge, qui inverserait le flux du pétrole de la ligne neuf entre North Westover, à environ 30 kilomètres au nord-ouest de Hamilton, et Montréal. La ligne neuf transporte pour l'instant du pétrole brut léger importé de l'étranger.

Les contestataires du projet affirment que les sables bitumineux sont plus corrosifs et que le transport de cette matière risque d'entraîner une rupture de l'oléoduc.

Le porte-parole d'Enbridge, Graham White, a toutefois soutenu qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, puisque le brut qui pourrait circuler dans la ligne neuf aura été traité préalablement.

Mme Wynne a également indiqué qu'il devrait y avoir des «discussions rationnelles» à propos des inquiétudes environnementales.

«Nous devons nous assurer que les protections environnementales sont mises en place et que les communautés comprennent ce qui est fait et les raisons de ces gestes», a-t-elle mentionné.

L'Ontario doit travailler avec les autres provinces en tablant sur le fait que toutes partagent des besoins énergétiques, a ajouté la première ministre.

Le député néo-démocrate Gilles Bisson a déclaré que les libéraux devraient tirer des leçons des erreurs commises avec les parcs éoliens, qui avaient suscité la colère des résidants des zones rurales de la province lorsque leurs inquiétudes avaient été écartées.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) souhaite par ailleurs que Queen's Park emboîte le pas au gouvernement du Québec et lance une enquête indépendante sur le projet d'inversion du flux de pétrole.

L'Office national de l'énergie évalue actuellement le projet, mais le NPD souhaiterait le voir soumis à la Loi sur les évaluations environnementales de la province.

Selon Enbridge, la ligne neuf a d'abord été construite afin d'approvisionner les marchés ontarien et québécois en pétrole albertain. Le flux avait été inversé en 1998, lorsque les prix du pétrole étranger avaient baissé.

Par ailleurs, l'office a déjà accordé, en juin 2012, le feu vert à l'inversion de l'oléoduc reliant Sarnia à North Westover, a rappelé l'entreprise.

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