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15/08/2013 03:56 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

L'ex-ministre Castonguay critique à son tour le rapport D'Amours

Pièce maîtresse du rapport D'Amours sur les retraites, « la rente de longévité » risque de plomber l'économie québécoise, a estimé jeudi l'ancien ministre Claude Castonguay.

Aux yeux du « père de l'assurance maladie », les travailleurs québécois seraient mieux servis par un Régime complémentaire individuel de retraite (RCIR), plus facile à gérer, moins onéreux et dont les rentes seraient versées dès l'âge de 65 ans.

À l'occasion des consultations particulières en commission parlementaire sur les recommandations du rapport, M. Castonguay a vivement critiqué le nouveau régime que recommande de mettre en place le groupe de travail présidé par Alban D'Amours pour assurer les « vieux jours » des retraités de 75 ans et plus.

Selon lui, le fonds de 60 milliards de dollars sur 10 ans que devraient constituer les travailleurs et les employeurs pour mettre le régime sur les rails entraînerait une baisse de la consommation des ménages et porterait ainsi « un dur coup » à la croissance économique.

Lourd et coûteux à administrer, le nouveau régime ne serait pas pour autant généreux puisque les retraités devraient attendre au moins 10 ans avant d'en recevoir les bénéfices, a soulevé l'ancien ministre.

Selon lui, le rapport D'Amours se veut avant tout une opération de sauvetage des régimes à prestations déterminées dont profitent les fonctionnaires, employés municipaux, employés des universités et employés des secteurs publics et parapublics. Ces régimes sont comme une « Cadillac » alors que les moyens disponibles ne permettent guère de s'offrir plus qu'une « Buick », a-t-il illustré.

Le Régime complémentaire individuel de retraite (RCIR) que préconise M. Castonguay serait financé exclusivement par les travailleurs qui le désirent à compter de l'âge de 35 ans. Les cotisants pourraient tirer une rente provenant des fonds accumulés dans leur compte personnel dès l'âge de la retraite à 65 ans.

Absence de consensus

Mercredi, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP - Québec) avait également rejeté les principales recommandations du rapport D'Amours.

Ses représentants désapprouvent les changements législatifs suggérés, estimant que le gouvernement devrait laisser le champ libre à la négociation de gré à gré plutôt que d'imposer des contraintes aux employeurs et aux travailleurs.

La Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale penche sur le sujet jusqu'au 23 août.

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