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15/08/2013 04:36 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

Éclosion d'une nouvelle ITS

Les autorités médicales du Québec s'inquiètent de la multiplication des cas de lymphogranulomatose vénérienne (LGV), une infection transmise sexuellement qui touche principalement la communauté gaie.

Dix-huit cas ont été rapportés au Directeur de santé publique de Montréal depuis janvier, alors que la moyenne annuelle est de neuf cas depuis l'arrivée de l'infection dans la province, au début des années 2000.

Bien que les femmes sont aussi à risque, tous les cas rapportés impliquent des hommes ayant eu des relations sexuelles avec d'autres hommes et une forte proportion est aussi infectée par le VIH.

Une maladie méconnue

Le président-directeur général de la Clinique médicale l'Actuel, le Dr Réjean Thomas, déplore le manque de connaissances des médecins et des patients ainsi que l'absence d'un test de dépistage de la LGV, des éléments qui compliquent le diagnostic de la maladie.

« À mon avis, la formation médicale est inadéquate dans les universités, et surtout le lien avec le terrain [...] Deuxièmement, l'accessibilité aux tests de laboratoire est une difficulté », estime le Dr Thomas.

Les lésions qui apparaissent au premier stade de la maladie peuvent disparaître rapidement, si bien que les malades ignorent qu'ils sont infectés et continuent d'avoir des rapports sexuels, constate-t-il. Pourtant, une fois diagnostiquée, « c'est une maladie qui se traite relativement bien avec des antibiotiques », assure le médecin.

La pointe de l'iceberg

Pour le Dr Thomas, l'éclosion de la LGV s'inscrit dans une problématique plus large.

« La prévention a baissé depuis 10 ans. On a une épidémie de toutes les ITS. On a 500 à 600 cas de syphilis par an au Québec, alors que la maladie avait disparu dans les années 90, 300 à 400 cas de VIH et 30 000 cas de chlamydia par année.

Pourtant, un simple condom suffit à prévenir l'infection. Le médecin déplore l'élimination des cours d'éducation sexuelle dans les écoles et une baisse des comportements sexuels sécuritaires. « Il y a un gros travail à faire au niveau de la prévention », admet-il.

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