NOUVELLES
14/08/2013 12:19 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

Reprise sous tension des négociations israélo-palestiniennes

AFP

JÉRUSALEM - Israël a lancé de nouveaux projets de construction dans les colonies juives, tout en libérant 26 détenus palestiniens en signe de bonne volonté, à quelques heures de la reprise mercredi à Jérusalem des négociations de paix avec les Palestiniens.

Des responsables palestiniens ont indiqué à l'AFP que les négociateurs devaient se retrouver à 20H00 à l'Hôtel King David, mais il n'y a pas eu de confirmation israélienne.

Peu avant le coup d'envoi de ces négociations, officiellement relancées fin juillet à Washington après un gel de près de trois ans, le ministre israélien du Logement, Uri Ariel, a annoncé la construction dans l'année à venir "de milliers" de logements supplémentaires dans les colonies israéliennes de Cisjordanie.

"Personne ne dictera là où nous pouvons construire", a insisté M. Ariel, membre du "Foyer juif", un parti nationaliste religieux opposé à la création d'un État palestinien.

Il a précisé que ces constructions auraient lieu dans des colonies isolées et pas seulement dans les blocs d'implantation où vivent la majorité des 360 000 colons installés en Cisjordanie occupée.

Les dirigeants israéliens entendent annexer ces grands blocs de colonies dans le cadre d'un accord avec les Palestiniens, alors que les colonies isolées pourraient être démantelées.

Dimanche et mardi, Israël avait déjà provoqué la colère des Palestiniens en autorisant la construction d'un total de 2.129 logements à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée.

"La colonisation menace de provoquer l'effondrement des négociations avant même qu'elles ne débutent", a prévenu mardi le haut responsable palestinien Yasser Abed Rabbo.

À LIRE AUSSI

Israël commence à libérer 26 détenus palestiniens

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, tout en répétant que les colonies sont "illégitimes", a néanmoins affirmé que le président palestinien, Mahmoud Abbas, était "engagé à poursuivre les négociations parce qu'il croit que la négociation est ce qui permettra de résoudre ce problème".

Selon les médias israéliens, l'annonce des constructions dans les implantations a été décidée pour calmer l'aile dure de la coalition du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui fait pression pour poursuivre la colonisation afin de rendre impossible tout retrait de Cisjordanie ou toute concession sur Jérusalem-Est.

La radio militaire israélienne, citant des responsables du "Foyer juif", a également affirmé que M. Netanyahu avait relancé la colonisation pour s'assurer du maintien dans sa coalition de ce parti, qui s'opposait à la libération de 26 prisonniers palestiniens.

Ces détenus ont été élargis dans la nuit de mardi à mercredi. Un groupe de prisonniers est arrivé dans la bande de Gaza et l'autre a été conduit à Ramallah, en Cisjordanie.

"Je ne peux pas encore croire que je suis libre", a déclaré Hosni Sawalha, un homme de 40 ans arrivé dans la nuit dans sa ville natale de Azmout, près de Naplouse, en Cisjordanie.

Lui et son cousin Mohamed ont été accueillis en héros par leurs proches, après avoir passé 23 ans derrière les barreaux.

Ils avaient été arrêtés lors de la première Intifada en 1990, accusés d'avoir tué un Israélien dans un bus près de Tel-Aviv, puis condamnés à perpétuité.

Au total, 104 détenus palestiniens doivent être libérés, en fonction de l'avancée des négociations de paix.

Selon la radio militaire israélienne, les discussions -- qui doivent être menées par Tzipi Livni, la ministre de la Justice et le négociateur palestinien Saëb Erakat en présence de l'envoyé spécial américain Martin Indyk -- vont se dérouler "dans le plus grand secret".

Mais la presse était d'ores et déjà sceptique quant aux chances de succès, comme le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot.

"Les sujets qui sont au coeur du conflit sont bien connus, comme les positions de M. Netanyahu" et du président palestinien Mahmoud Abbas, écrit le commentateur Simon Shiffer.

"Aucun des deux n'a l'intention de transiger. C'est pourquoi ce qui va se passer dans les mois à venir va être une répétition de ce qui s'est déjà passé: un échange d'accusations et des tentatives de faire porter à l'autre la responsabilité d'un échec des négociations", indique-t-il.

Lancées en secret en 1993, les négociations de paix, hormis quelques ententes ponctuelles, n'ont pas permis d'ouvrir la voie à un règlement final du conflit vieux d'une soixantaine d'années.

Parmi les questions à régler figurent les frontières d'un futur État palestinien, les arrangements de sécurité, le sort des colonies, l'avenir de Jérusalem-Est et le sort des réfugiés palestiniens.

L'objectif principal des négociations est de parvenir à une solution à deux États, israélien et palestinien.

Côté palestinien, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle Gaza, s'oppose aux négociations menées par l'Autorité palestinienne de M. Abbas dont il conteste la représentativité.

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.