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14/08/2013 10:36 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

MSF quitte la Somalie

L'organisme humanitaire Médecins sans frontières (MSF) quitte la Somalie, après 22 ans d'activité continue, en raison de nombreuses agressions contre son personnel.

MSF, qui était l'une des rares organisations non gouvernementales (ONG) encore présentes en Somalie, ferme « toutes ses activités humanitaires en Somalie [...] à partir d'aujourd'hui », a annoncé le président de MSF International, Unni Karunakara, à Nairobi, capitale du Kenya voisin.

L'ONG comptait plus de 1500 employés qui assuraient des soins de santé gratuits à la population dans 11 endroits du centre-sud de la Somalie comme Afgoye, Galkayo, Kismayo et Mogadiscio. « En définitive, ce sont les civils somaliens qui vont payer le prix fort », a déploré le M. Karunakara.

MSF a déclaré, par voie de communiqué, avoir pris sa décision « à la suite d'agressions extrêmement graves sur les équipes dans un contexte où les groupes armés et les autorités civiles tolèrent, voire soutiennent les assassinats, les enlèvements et les attaques à l'encontre des travailleurs humanitaires ».

Multiples agressions

Le retrait de MSF survient un mois après la libération de deux employées espagnoles de l'ONG après quelque deux ans de captivités. Les deux femmes avaient été enlevées dans un camp de réfugiés du nord-est du Kenya avant d'être emmenées en Somalie. Les circonstances de leur libération n'ont pas été précisées.

Deux autres employés de MSF avaient été assassinés à Mogadiscio en décembre 2011. MSF affirme que leur agresseur, qui avait été condamné, a profité d'une libération anticipée. « Ces deux incidents ne sont que les derniers d'une longue série d'agressions », déplore MSF.

Conditions de retour

Même si MSF n'écarte pas l'idée d'un retour en Somalie, elle est catégorique quant aux conditions qu'elle impose. « Il faudrait qu'on ait confiance que les conditions minimales pour nous permettre de faire notre travail réapparaissent, [...] mais malheureusement je ne crois pas que ce sera pour demain matin », croit M. Cornish. 

Ce dernier explique qu'une « acceptation communautaire » de tous les groupes doit prévaloir pour que des travailleurs humanitaires puissent rester sur un territoire en conflit, ce qui n'était plus le cas en Somalie. 

Il faut dire que le pays est aux prises avec la guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991. Considéré comme un « État failli », le pays est dépourvu de gouvernement central effectif. Les chefs de guerres, de clans, des groupes de pirates et d'insurgés islamistes shebabs se disputent le contrôle de portions de territoire depuis déjà plus 20 ans. 

Le pays est ainsi affligé par les combats et les sécheresses chroniques qui ont fait des millions de réfugiés et de déplacés au cours des deux dernières décennies. « Une grande partie de la population n'a jamais connu le pays sans guerre ou sans famine », rappelle M. Karunakara.

C'est la deuxième fois que MSF décide de quitter un pays. La première remonte en 2004, en Afghanistan.

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