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14/08/2013 12:12 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

Un caméraman de Sky News tué par balle au Caire

AP
This is a an undated handout photo issued by British broadcaster Sky News of their cameraman Mick Deane who the broadcaster said was killed covering the clashes in Egypt on Wednesday Aug. 14, 2013. Sky said Mick Deane, 61, was shot and wounded while covering the violent breakup of protest camps in the capital, Cairo. It said he was treated for his injuries but died soon after. The rest of the Sky crew was unhurt. (AP Photo/Sky News)

Un caméraman de Sky News a été tué par balle au Caire lors des violences qui ont fait des dizaines de morts mercredi en Egypte, où plusieurs autres journalistes ont été arrêtés ou agressés.

"C'est avec un immense regret que Sky News annonce la mort de Mick Deane, un caméraman expérimenté, alors qu'il travaillait au Caire ce matin (mercredi)", a annoncé la chaîne britannique d'informations en continu, ajoutant que ce journaliste, un Britannique âgé de 61 ans, marié et père de deux enfants, "travaillait depuis quinze ans" pour la chaîne.

"Il a été blessé par balle, et en dépit des soins reçus, il est décédé peu après", a précisé Sky, soulignant que le reste de son équipe sur place était indemne.

Une autre journaliste, qui ne participait toutefois pas à la couverture des événements, a été tuée par balle mercredi au Caire. Il s'agit de Habiba Ahmad Abdel Aziz, 26 ans, correspondante du supplément hebdomadaire de Gulf News, Xpress, qui était en vacances dans son pays natal.

Selon Reporters sans frontières, elle "participait au sit-in" et a trouvé la mort dans l'intervention contre les Frères Musulmans sur la place Rabaa al-Adawiya.

Son père est un conseiller du président islamiste déchu Mohamed Morsi, selon Dureik Al Beik, rédacteur en chef à Gulf News.

Au moins quatre journalistes, tous de nationalité égyptienne, ont par ailleurs été blessés et hospitalisés lors de l'évacuation des deux campements des partisans de Mohammed Morsi au Caire, a rapporté Reporters sans frontières.

Un journaliste travaillant pour le journal du parti au pouvoir avait été tué le 8 juillet dernier, selon RSF.

Le Comité pour la protection des journalistes a appelé les autorités égyptiennes à "donner des ordres clairs aux forces de sécurité pour respecter le droit des journalistes à faire leur métier librement et en sécurité", en réaction à la mort de Mick Deane.

"Tout le monde à Sky News est choqué et attristé par la mort de Mick", un "journaliste talentueux et expérimenté" qui a travaillé au Moyen-Orient et aux Etats-Unis, a réagi le patron de la chaîne, John Ryley.

Le premier ministre britannique, David Cameron, s'est dit "attristé" par l'annonce de la mort de Mick Deane. "Mes pensées vont à sa famille et l'équipe de @SkyNews", a-t-il écrit sur Twitter.

En direct sur le plateau de Sky, le grand reporter Tim Marshall a rendu hommage à "un ami". "Il avait énormément d'humour et était avisé (...). Il est mort en faisant ce qu'il faisait brillamment depuis des dizaines d'années", a-t-il ajouté.

Les forces de l'ordre égyptiennes ont mis mercredi leurs menaces à exécution et ont commencé à disperser les partisans de Mohamed Morsi, massés sur deux places du Caire, dans une opération qui a rapidement tourné au bain de sang.

Plus de 140 personnes ont été tuées, selon un bilan de l'AFP, alors que l'état d'urgence a été décrété en Egypte.

Plusieurs journalistes, présents sur les places Nahda et Rabaa al-Adawiya au moment de la dispersion, ont été arrêtés et détenus par la police avant d'être relâchés. Certains ont déclaré sur les réseaux sociaux avoir été battus et menacés.

Un photographe de l'AFP a tenté d'entrer sur la place Nahda à l'aube. "Un policier, aligné avec une vingtaine d'autres, a pointé son fusil automatique vers moi en me criant "Recule", je n'ai pas pu aller plus loin", a-t-il raconté.

Un autre photographe de l'AFP, qui se trouvait au coeur des rassemblements pro-Morsi ces derniers jours, a déclaré ne jamais s'être "senti menacé par les manifestants, même s'il arrivait qu'ils soient méfiants". La presse étrangère est généralement mieux accueillie que la presse locale, quasi-unanimement hostile aux Frères musulmans, dans les rassemblements pro-Morsi.

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