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14/08/2013 12:32 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

Égypte: la communauté internationale condamne le bain de sang

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The body of a Muslim Brotherhood protester, shot dead in the Egyptian capital after violence erupted the night before, is evacuated as mourners watch in Cairo on July 27, 2013. The bloodshed came hours after the military-backed interior minister, Mohammed Ibrahim, warned a long-running sit-in at Cairo's Rabaa al-Adawiya mosque by Morsi loyalists would be ended 'in the framework of the law'. AFP PHOTO/FAYEZ NURELDINE (Photo credit should read FAYEZ NURELDINE/AFP/Getty Images)

La communauté internationale a unanimement condamné mercredi la dispersion violente par les forces de l'ordre égyptiennes des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et qui a fait plus d'une centaine de morts selon le gouvernement.

"La communauté internationale avec en tête le Conseil de sécurité de l'ONU et la Ligue arabe doivent immédiatement passer à l'acte pour faire cesser ce massacre", a demandé dans un communiqué le premier ministre turc islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Il a souligné que l'attitude conciliante de la communauté internationale à l'égard du "coup d'État" en Égypte "n'a fait qu'encourager l'actuel gouvernement en vue de son intervention d'aujourd'hui (mercredi)".

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Ankara avait dès le début qualifié de "coup d'État" la destitution par l'armée du président égyptien, issu des Frères musulmans.

149 partisans de Mohamed Morsi ont été tués mercredi à travers tout le pays, selon le ministère égyptien de la Santé. Les manifestants parlent, eux, de plus de 2 200 morts et 10 000 blessés, des chiffres cependant impossibles à confirmer de sources indépendantes.

Le président turc Abdullah Gül a, lui, estimé inacceptable une "intervention armée contre des civils qui manifestent". Il a dressé un parallèle avec le début de la contestation en Syrie, avant qu'elle ne dégénère en conflit armé.

Le terme de "massacre de la population" a également été employé par le ministère iranien des Affaires étrangères, qui a évoqué "la possibilité d'une guerre civile" en Égypte.

Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dénoncé "avec force" l'intervention de la police contre des "manifestants pacifiques".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "condamné dans les termes les plus fermes les violences qui se sont produites au Caire quand les services de sécurité égyptiens ont utilisé la force" contre les manifestants. Il a demandé "à tous les Egyptiens de concentrer leurs efforts sur la promotion d'une réconciliation sans exclusive", selon son porte-parole.

Appels à la retenue

En Occident, où le renversement le 3 juillet du président Morsi, démocratiquement élu au printemps 2012, n'a guère suscité de critiques, les condamnations sont plus mesurées.

"Les États-Unis condamnent avec force l'usage de la violence contre les manifestants en Égypte", a déclaré le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Josh Earnest, en exhortant l'armée à faire preuve de "retenue".

M. Earnest a également affirmé que les Etats-Unis "s'opposent au retour de l'état d'urgence" en Égypte, alors que le gouvernement a imposé des couvre-feux au Caire et dans 13 autres provinces pour un mois.

"La violence ne fera que rendre plus difficiles les progrès de l'Égypte vers une stabilité durable et la démocratie, et elle contredit directement les promesses du gouvernement intérimaire de chercher une réconciliation" dans le pays, selon le porte-parole de la Maison Blanche.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a appelé "les forces de sécurité à faire preuve de la plus grande retenue et tous les citoyens égyptiens à éviter de nouvelles provocations et une escalade" de la violence. Le président du parlement européen, Martin Schulz, a, lui, jugé que "les nombreux morts dénombrés ce matin au Caire ne sont pas acceptables".

Le chef de la diplomatie britannique William Hague, "profondément inquiet de l'escalade de la violence en Égypte", a condamné l'usage de la force et appelé "les forces de sécurité à agir avec retenue".

La France a également "mis en garde contre un usage disproportionné de la force" et appelé à "une logique d'apaisement", tandis que Berlin prônait une "reprise immédiate des négociations" pour empêcher "toute nouvelle effusion de sang".

La Suède a estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Carl Bildt, que la "principale responsabilité" des "tueries" en Égypte incombait au régime.

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