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14/08/2013 04:38 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

Le professeur Rachad Antonius estime que l'Égypte est dans une impasse

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Egyptian Muslim Brotherhood supporters run from police in a street leading to Rabaa al-Adawiya protest camp in Cairo on August 14, 2013. Egypt's Muslim Brotherhood said at least 250 people were killed and over 5,000 injured in a police crackdown on two major protest camps held by supporters of ousted president Mohamed Morsi. AFP PHOTO / KHALED DESOUKI (Photo credit should read KHALED DESOUKI/AFP/Getty Images)

Le professeur à l'UQÀM et spécialiste des conflits au Proche-Orient, Rachad Antonius, estime que l'Égypte est présentement dans une impasse et que le pays est entré, depuis mercredi matin, «dans une logique de violences».

La police égyptienne a démantelé mercredi deux camps de protestation érigés par les partisans du président déchu Mohammed Morsi, provoquant des affrontements dans les rues du Caire et d'autres villes qui ont fait au moins 278 morts et quelque 2000 blessés.

Le président intérimaire Adly Mansour a proclamé l'état d'urgence pour un mois.

M. Antonius, directeur adjoint de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’UQÀM, estime que le pays est loin d'une sortie de crise et que les violences se poursuivront encore pour quelques mois.

De retour d'un voyage de trois semaines en Égypte, il a observé les comportements des Égyptiens dans les rues et les manifestations.

En entrevue avec La Presse Canadienne, il a affirmé que la solution aux affrontements entre l'armée égyptienne et les Frères musulmans devrait être politique, et non militaire.

«Il faut engager un dialogue avec (les Frères musulmans). Jusqu'à ce jour, ils ont refusé tout dialogue tant que Morsi n'est pas de retour au pouvoir, et il ne sera pas de retour au pouvoir. Donc on est dans l'impasse et, en temps d'impasse, ce sont les armes qui parlent au lieu de la raison.»

Le pays entre donc aujourd'hui dans une «nouvelle phase de la crise». M. Antonius croit que les deux parties s'affronteront durant un certain temps avant de réaliser «l'éventail des possibilités et les limites de leurs actions».

«Car les Frères musulmans sont déconnectés de la réalité là-dessus, analyse M. Antonius. Par ailleurs, l'armée surestime sa capacité à régler les choses pacifiquement et politiquement, et a sous-estimé la résistance des Frères musulmans. Il faudra voir comment les confrontations vont permettre aux uns et aux autres d'évaluer leurs pouvoirs réels et de se réajuster.»

Il prévoit que les confrontations se poursuivront durant quelques mois, jusqu'à ce que les conditions pour un dialogue soient réunies.

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