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14/08/2013 01:47 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Contaminations à Lac-Mégantic : Québec se fait rassurant, mais reste prudent

Un texte de Yanick Cyr

Même si le ministère de l'Environnement dit « rester aux aguets », il a voulu dissiper mercredi matin tous les doutes concernant la qualité de l'eau du lac Mégantic et de la rivière Chaudière en dévoilant les résultats de ses échantillonnages.

À la suite des inquiétudes soulevées par la publication d'analyses effectuées par la Société pour vaincre la pollution (SVP) en collaboration avec Greenpeace Canada, le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a tenu à rassurer la population.

Les résultats des analyses de SVP et de Greenpeace faisaient état de la présence de fortes concentrations d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans l'environnement de la région de Lac-Mégantic, des éléments potentiellement cancérigènes.

Retour à la normale

Le ministère de l'Environnement observe « une tendance à la baisse » du principal contaminant déversé lors de l'accident ferroviaire de Lac-Mégantic - les hydrocarbures pétroliers - dans l'eau de la région. Le ministère souligne que « les concentrations de tous les autres contaminants dans l'eau sont similaires aux données historiques ».

Les paramètres mesurés dans le lac Mégantic et la rivière Chaudière seraient ainsi de retour à leur concentration d'avant l'accident ferroviaire.

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a lui aussi rassuré la population en entrevue sur les ondes de RDI mercredi matin.

Le ministre de l'Environnement a tout de même invité les riverains de la Chaudière à la prudence, rappelant qu'ils ne devraient pas puiser leur eau directement de la rivière, en raison des risques de relargage. Comme le niveau d'eau est variable, le pétrole amassé sur les berges serait emporté avec le courant si l'eau venait à monter.

Selon le ministère, les dépôts de pétrole sont surtout observés sur les berges et sur les trois premiers mètres du bord du lit de la rivière Chaudière. Il assure avoir entrepris tous les travaux nécessaires pour nettoyer le cours d'eau qui prend sa source dans le lac Mégantic.

Intervenant sur les ondes de RDI mercredi soir, le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine, Émilien Pelletier, avait d'ailleurs apporté des nuances aux résultats présentés par la SVP, les qualifiant de « fragmentaires », un avis que partage le ministre de l'Environnement.

Il assure que le gouvernement a fait de son côté un suivi continu de la qualité de l'eau, de l'air et des sols dans la région à la suite de l'accident, ce que confirment les documents publiés mercredi matin. Les échantillons de la SVP et de Greenpeace se limitent à quatre, tous prélevés une semaine après la tragédie.

« La catastrophe a infligé des dommages lourds à l'environnement. Il ne sera jamais question de les minimiser. Par contre, la santé des gens sera protégée et l'essentiel des dommages sera réparé », a réitéré le ministre Blanchet.

Les contaminants se sont déposés

Par ailleurs, le communiqué du ministère soutient que la qualité de l'eau ne menace pas la vie aquatique dans la région de Lac-Mégantic. Le professeur Pelletier a d'ailleurs affirmé mardi qu'il n'y avait eu aucun rapport d'animaux morts depuis la tragédie, un signe qui laisserait croire « qu'il n'y a pas de cas de toxicité aiguë » dans la rivière Chaudière.

La qualité de l'eau de surface permettrait même un approvisionnement en eau potable des municipalités de la région dans la rivière Chaudière, mais une restriction est toutefois maintenue en raison des risques que des hydrocarbures déposés au fond ou sur les berges de la rivière puissent remonter en suspension dans l'eau à la suite de « crues ou de changements brusques des niveaux de l'eau ».

« On est encore en train de vérifier qu'il n'y a pas de pétrole sous l'eau », a déclaré le ministre.

Le fondateur et président de la SVP, Daniel Green, demande justement au ministre de dévoiler l'échantillonnage des fonds du lac Mégantic et de la rivière Chaudière. « Le ministère semble avoir examiné du pétrole laminaire de surface, qui coule rapidement. Nous ce qu'on a échantillonné [en juillet], c'est vraiment une boue visqueuse de zone accumulée », compare M. Green.

Aujourd'hui, il a toutes les raisons de croire que cette boue contaminée se trouve au fond de l'eau.

Quant à la qualité de l'air, le ministère de l'Environnement précise qu'une « diminution notable des contaminants » a été observée dès le 8 juillet pour revenir à la normale à compter du 10 juillet.

Québec a également revu à la baisse le nombre de litres de pétrole brut léger déversés dans l'environnement. Alors qu'en date du 24 juillet, le ministère parlait de 5,63 millions de litres, en date du 4 août, l'estimation a été revue à 5,56 millions de litres. Et selon les données du ministère, 18 250 litres d'eaux huileuses ont maintenant été récupérés à Lac-Mégantic.

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