L'Omnivore World Tour s'amène à Montréal ce mercredi. Pour une deuxième année consécutive, des chefs d'ici et d'ailleurs dans le monde investiront la Société des arts technologiques (SAT) le temps d'un festival culinaire de cinq jours qui nous en mettra plein les yeux et les papilles.

Luc Dubanchet, fondateur de l'Omnivore, a mis sur pied ce rassemblement gourmet en 2003, à Paris, pour témoigner de l'effervescence qui agitait les tables de sa ville et détailler un panorama des nouvelles perspectives qui se dessinaient alors.
« À l'époque, la France était un peu somnolente, explique l'épicurien, qui fait carrière comme journaliste. On n'avait pas forcément de nouvelles énergies, même si une cuisine contemporaine renouvelée faisait son arrivée. Au début des années 2000, une nouvelle génération de chefs s'est imposée à Paris. J'ai créé Omnivore pour accompagner cette génération et rendre compte de son travail et de sa créativité. »

« Trop souvent, la cuisine est rattachée au patrimoine, à l'histoire, mais rarement au côté contemporain et au futur. Je trouve qu'il n'y a rien de mieux, pour faire avancer la cuisine, que de provoquer des rencontres entre les chefs, les aider à partager leur technique et à échanger des produits et des adresses. »

C'est dans cette tendance que le volet « World Tour » du happening a été développé, il y a deux ans. L'Ominovre se décline désormais en tournée mondiale et fait escale dans les plus grandes villes du globe. Rapidement, Montréal s'est ajouté à l'itinéraire de Dubanchet et ses troupes. Après une première expérience concluante l'an dernier - 18 chefs et 1500 participants ont répondu à l'appel - l'équipe s'arrête de nouveau à la SAT en espérant rejoindre encore plus d'adeptes. Les chefs Nicolas Darnauguilhem (Bruxelles), Giovanni Passerini et Pierre Sang Boyer (Paris), Fabian Von Hauske et Jeremiah Stone (New York), Jeremiah Langhorne (Charleston) et plusieurs grandes pointures locales seront notamment de la partie.

« Il y a trois ans, on m'a dit qu'il se passait des choses intéressantes à Montréal en termes de cuisine, raconte Luc Dubanchet. À ce moment, j'étais à New York, et je n'avais pas forcément entendu parler de la ville en dehors des grands comme Au pied de cochon et Normand Laprise. Ça m'a étonné. Je suis donc venu, et j'ai vu des jeunes gens installés, j'ai été séduit par les produits québécois, intéressants de bonne qualité, et la liberté que je trouvais dans les cuisines. »

Les activités

L'événement repose sur trois piliers. Il y a d'abord les démonstrations de cuisine, qui se dérouleront sous le dôme de la SAT, les 17 et 18 août. Pendant une quarantaine de minutes, une douzaines de chefs exhiberont leur savoir-faire, pour offrir une classe de maître ouverte à tous.

« C'est très ambitieux, parce que c'est parfois difficile de résumer le travail de toute une année avec seulement une ou deux recettes, note Luc Dubanchet. Et ce ne sont pas tellement les recettes qui nous intéressent, car c'est plutôt la partie technique qui est approfondie. Les chefs nous montrent qui ils sont, d'où ils viennent, quel est leur bagage, etc. Le public est présent et peut poser des questions. On a souvent un public très bigarré, à la fois des foodies et des professionnels. Les idées se partagent et se mélangent, c'est très intéressant. »

Les 14, 15, 18 et 19 août, des duos de cuisiniers de renom, formés d'un québécois et d'un visiteur international, s'installeront aux fourneaux d'un restaurant de la métropole pour concevoir et concocter un repas qu'ils serviront ensuite aux convives, dans un concept baptisé Maudits soupers. Toute l'élaboration du menu se fera en tandem, depuis le choix des ingrédients jusqu'au design des assiettes. Les établissements impliqués, cette année, sont Le Nouveau Palais, La Maison Publique, Le Van Horne, L'Hôtel Herman, le quartier général de Grumman 78, et le Labo culinaire et Foodlab de la SAT.

« C'est une formule plus appliquée. Le but, c'est de faire travailler les chefs un peu plus intimement dans les cuisines, et de faire partager leurs créations au public présent ce soir-là. »

Enfin, l'Omnivorious Party, le 17 août, sera une grande fête, où une dizaine de cuistots prépareront des bouchées dont se délecteront entre 300 et 400 personnes. Encore une fois, les gourmands pourront assister au processus de confection des mets.

« Je trouve important de ne pas être seulement dans la pédagogie et la rhétorique, mais aussi dans la bonne ambiance, le plaisir, précise Luc Dubanchet. À l'Omnivorious Party, les chefs cuisinent chacun de leur côté, réunis autour d'une très grande table, et les festivaliers viennent goûter à leurs réalisations. »

Grande excitation

Désormais familier avec la Belle Province et sa gastronomie, que pense Luc Dubanchet de ses vis-à-vis Montréalais et de leur rapport avec la bonne chère?

« Je trouve qu'il y a une grande excitation. On voit les yeux curieux et remplis de jeunes cuisiniers de 25, 35 ans. Depuis deux ou trois ans, il y a, chez vous, un vrai emballement autour de la cuisine, qui existait avant, mais qui est en accélération. C'est la même chose qu'en Europe, où la cuisine est devenue une sorte d'objet culturel depuis quatre ou cinq ans. Et avec les foodtrucks, la cuisine descend dans la rue et va rencontrer le public. C'est encore plus fascinant. C'est un grand atout. »

« L'année dernière, on est arrivés sans être réellement connus, et énormément de gens sont venus nous rendre visite. On voit que la cuisine est un véritable facteur identitaire pour les Montréalais, au même titre que le vin nature, un autre aspect important, aussi exploité pendant le festival Omnivore », souligne l'homme, ajoutant au passage que son séjour s'annonce déjà mémorable.

L'Omnivore World Tour se tiendra du 14 au 19 août. Pour plus d'informations : www.omnivore.com. On peut aussi consulter sa page Facebook (omnivore.linfo), son compte Twitter (@omnivoreworld) ou son portail Instagram (@omnivoreworld).

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