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13/08/2013 06:19 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

WikiLeaks : Manning souffrait d'un « déséquilibre mental », selon son chef

Le procès de l'analyste de renseignement Bradley Manning, qui a transmis à WikiLeaks plus de 700 000 câbles diplomatiques, s'est poursuivi mardi avec le témoignage de son chef, le sergent Paul Adkins.

Paul Adkins a déclaré à la juge qu'il soupçonnait Bradley Manning de souffrir de « déséquilibre mental » lié à son identité sexuelle.

Il a indiqué à la juge qu'un jour il avait trouvé M. Manning dans la position fœtale avec un couteau placé à ses pieds. Quelques heures plus tard, après être retourné à son travail, Bradley Manning aurait frappé une collègue militaire.

Le témoin décrit Bradley Manning comme quelqu'un qui souffrait possiblement d'un stress post-traumatique. Il était également sujet à des éruptions colériques.

Cependant, le sergent Paul Adkins n'a pas rédigé un rapport sur ce qu'il a constaté, craignant que les habilitations de Manning soient retirées alors qu'il avait besoin de son travail pour évaluer la menace des militants chiites en Irak.

« Je continuais de penser qu'il produisait des renseignements valables au regard des menaces qu'il était chargé d'analyser », a déclaré le sergent Paul Adkins.

Le sergent n'a pas non plus averti la hiérarchie ou les psychologues lorsqu'il a reçu un courriel de Bradley Manning dans lequel il évoquait des questions sur son identité sexuelle.

En 2010, révéler son homosexualité était encore passible de renvoi de l'armée américaine.

Dans ce courriel intitulé « Mon problème », l'analyste de renseignement avait joint une photo de lui habillé en femme, portant perruque et rouge à lèvres, et faisait part de son anxiété.

« Je ne pensais pas à l'époque qu'avoir une photo d'un de mes soldats habillés en femme en circulation était dans le meilleur intérêt de la mission », a justifié le sergent Adkins.

Bradley Manning est passible de 90 ans de réclusion pour avoir transmis plus de 700 000 documents à WikiLeaks, notamment des rapports d'activité militaires en Irak et en Afghanistan ainsi que des câbles diplomatiques.

La hiérarchie mise en cause par la défense

Afin d'obtenir la condamnation la plus légère possible, son avocat David Coombs tente de prouver que la hiérarchie de M. Manning a ignoré les signes de problèmes psychologiques de Bradley Manning avant qu'il ne transmette des documents à WikiLeaks.

Dans un témoignage précédent, son chef de section, le major Cliff Clausen, avait indiqué que Manning avait « du mal à s'entendre avec les gens ».

Son commandant de compagnie, le capitaine Matthew Freeburg, a confié avoir été étonné que des sanctions disciplinaires plus sévères n'aient pas été prises contre Manning avant qu'il ne soit accusé d'avoir agressé un autre soldat.

Par ailleurs, la défense a produit un rapport d'enquête interne concluant à la « faiblesse » des qualités de chef des officiers de Manning.

Les audiences doivent se poursuivre jusqu'au 23 août.

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