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13/08/2013 10:08 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Usage de la force : manifestation à Toronto

Des dizaines de manifestants défilent au centre-ville de Toronto, mardi midi, demandant que « justice soit faite » pour Sammy Yatim, abattu par la police dans un tramway en juillet dernier.

Des proches du jeune homme de 18 ans mènent la marche qui a débuté au carré Dundas avant de s'ébranler le long de la rue Yonge.

D'autres familles de suspects torontois tués par la police au cours des dernières années avaient tenu un point de presse plus tôt mardi pour demander une enquête indépendante sur les pratiques de l'ensemble des services policiers de l'Ontario.

La famille de Sammy Yatim, qui a été tué alors qu'il brandissait un couteau même tout étant seul dans un tramway, a indiqué qu'elle « accueille positivement l'initiative du chef Bill Blair » de demander à un juge à la retraite d'examiner les pratiques de ses agents. La mort du jeune homme a choqué de nombreux Torontois, qui ont vu des images de l'événement, saisies sur le vif par des témoins et publiées sur Internet.

Différents intervenants, dont la Fédération du travail de l'Ontario, ont affirmé, mardi matin, que les pratiques similaires des autres corps policiers de l'Ontario devaient aussi être scrutées à la loupe. « Ce n'est pas seulement le résultat d'une pomme pourrie (au sein de la police), dit l'organisme. Il faut un changement d'approche fondamental ».

Selon Irwin Nanda de la Fédération, le chien de garde provincial de la police, l'Unité provinciale des enquêtes spéciales, devrait également faire l'objet d'un examen, compte tenu du peu de policers condamnés. 

D'autres proches de victimes ont raconté qu'ils avaient été « traumatisés à nouveau » par la mort de Sammy Yatim. Jackie Christopher a soutenu que le temps des études était passé, qu'il fallait agir immédiatement. Elle a perdu son fils, O'Brien Christopher Reid, en 2004. 

Le chef de police de Toronto, qui a admis que le public avait raison d'être critique du travail de ses agents, a confié la tâche de revoir les façons de faire de la police à Dennis O'Connor, qui a présidé les enquêtes publiques sur la tragédie de l'eau contaminée à Walkerton et sur l'affaire Maher Arar.

Le chef Bill Blair a annoncé la nomination de l'ancien juge Dennis O'Connor, lundi, à la veille du point de presse déjà prévu, qui sera suivi d'un rassemblement au centre-ville, de sept familles qui ont perdu un proche abattu par la police. 

Le président de la Commission des services de police de Toronto, Alok Mukherjee, leur a donné raison, mardi, affirmant à la CBC qu'il y avait eu « assez de morts ». Il prône des « changements significatifs ».

Plus de pistolets Taser?

Dennis O'Connor examinera l'ensemble des pratiques de la police de Toronto, pour ensuite formuler une série de recommandations en examinant notamment les façons de faire de d'autres services policiers un peu partout dans le monde.

Le juge à la retraite doit entre autres se pencher sur l'utilisation des pistolets à décharge électrique. À Toronto, seuls les superviseurs peuvent en posséder un. Or, dans le cas de Sammy Yatim, un superviseur est arrivé sur les lieux seulement après qu'un autre agent eut ouvert le feu sur la victime.

M. O'Connor doit rendre son rapport avant la fin de l'année. Le chef Blair demande à la Commission des services de police de Toronto de le rendre public.

L'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario poursuit par ailleurs son enquête sur le cas de Sammy Yatim.

L'ombudsman provincial André Marin a lui aussi ouvert une enquête officielle sur les directives du gouvernement aux policiers qui interviennent dans des situations tendues. Il examinera les directives de la province données à la police sur la marche à suivre lorsque des agents doivent calmer un suspect dans une situation tendue.

Des proches de victimes torontoises ont demandé, mardi, de le rencontrer pour tenter de trouver des solutions.

La famille d'un homme abattu témoigne

Pour leur part, les proches de Michael Eligon Junior, qui a été abattu par des policiers en février 2012, ont témoigné de leur peine pour la première fois depuis le drame, lundi.

La conjointe de la victime, Shereen Simon, continue d'espérer que justice soit faite.

L'Unité des enquêtes spéciales de la province a blanchi les deux policiers qui ont ouvert le feu sur l'homme de 29 ans, alors qu'il marchait de manière confuse dans un quartier résidentiel de l'est de Toronto, vêtu d'une blouse d'hôpital et brandissant deux paires de ciseaux.

Sa conjointe estime que les conclusions des enquêteurs n'ont pas répondu aux nombreuses questions de la famille.

Une enquête du coroner sur la mort de Michael Eligon débutera en octobre. Deux autres individus abattus par des policiers seront aussi au coeur de cette enquête sur la manière dont réagissent les policiers dans des situations de crise.

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