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13/08/2013 06:44 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Tweets homophobes: une plainte déposée contre Twitter

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La riposte n'a pas tardé. Le Comité Idaho, responsable en France de l'organisation de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, a annoncé au Huffington Post France avoir déposé plainte ce mardi 13 août au matin contre le réseau social Twitter, à la suite d'un nouveau déferlement de tweets haineux depuis le samedi 10 août. La plainte a été déposée pour "délit de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence", selon Félicité Esther Zeifman, avocate de l'association. "Nous demandons la suppression de tous les tweets haineux. Les hashtags insultants doivent tous disparaître", fait savoir le comité en la personne de son président, Alexandre Marcel. La plainte a été déposée contre Twitter France et contre Twitter Californie, a précisé le responsable du Comité Idaho France.

Le "hashtag", ou mot-clic, précédé d'un dièse "#lesgaysdoiventdisparaitrecar" est resté en "top tweet" sur le réseau social Twitter samedi 10 août pendant 24 heures, ce qui signifie qu'il était l'un des dix sujets les plus relayés sur le site. Sous ce mot-clic, une déferlante de messages appelant à la haine contre les homosexuels. Près de 10 000 tweets ont été publiés autour de ce sujet et près de 900 d'entre eux contenaient une incitation directe au meurtre ou à "faire disparaître" les homosexuels, selon le Comité Idaho.

Plainte à l'international envisagée

D'autres "hashtags" homophobes sont aussi apparus dans la foulée, tels que #teamhomophobe, #brulonslesgayssurdu ou #brulonstouslegays. "Twitter aujourd'hui est un espace ou l'antisémitisme, le racisme, l'homophobie a une place de premier choix", dénonce le Comité dans un communiqué.

Ce n'est pas la première fois qu'une association porte plainte contre Twitter, puisqu'il y a quelques mois le réseau social avait été assigné en justice par l'Union des étudiants juifs de France, après l'apparition des termes #Unbonjuif et #Unjuifmort. Twitter a finalement fourni le 12 juillet dernier à la justice française "les données susceptibles de permettre l'identification de certains auteurs" de tweets antisémites.

Une plainte en Californie a également été déposée, indique Alexandre Marcel, car selon lui, "si la Constitution américaine protège l'entreprise Twitter de l'expression de messages homophobes, le premier amendement (qui garantit la liberté d'expression, ndlr) n'autorise pas pour autant l'appel au meurtre".

Des incitations à la haine "inadmissibles" pour Fleur Pellerin

Lundi, la ministre des Droits des femmes et la ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique, Najat Vallaud-Belkacem et Fleur Pellerin, ont condamné "fermement" dans un communiqué conjoint ces propos homophobes. "Ces actes ou propos sont réprimés par la loi et le canal virtuel qu'ils ont emprunté ne rend pas moins punissables ceux qui les commettent", ont souligné les ministres dans le texte envoyé à la presse, ainsi que sur Twitter :

Des tweets toujours pas effacés

Cette polémique autour de ces hashtags haineux en rappelle une autre, lancée en octobre, autour des sujets #UnBonJuif et #SiMonFilsEstGay. De la même manière, les sujets étaient arrivés en tête des tendances du réseau social Twitter et contenaient des dizaines voire des centaines de messages antisémites ou homophobes.

Une réunion avec Twitter a suivi au début du mois de février. A l'issue de cette rencontre entre associations, membres du gouvernement français et représentants de Twitter France, l'association SOS homophobie s'est vue octroyer la possibilité de diffuser des tweets "promotionnels" ou tweets mis en valeur sur les comptes des utilisateurs, qui affichent des messages contre l'homophobie et rappellent la loi. Une procédure de signalement prioritaire pour cette association a aussi été mise en place. Ce "régime privilégié" permet une suppression plus rapide des tweets. Mais selon le comité Idaho, la procédure est insuffisante, "car à l'heure où nous parlons, les tweets haineux continuent". "Twitter n'a pas respecté les engagements pris avec SOS Homophobie", tempête Alexandre Marcel, qui accuse Twitter de "se faire de la publicité avec ces polémiques".

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