NOUVELLES
13/08/2013 10:38 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Projet Montréal veut retenir les jeunes familles

Un texte de Yanick Cyr

La rétention des jeunes familles à Montréal constitue la clé autour de laquelle doit s'articuler la politique montréalaise afin de redonner sa prospérité économique à la Ville, selon le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.

L'exode des jeunes familles vers la banlieue contribue à la vitalité et à la prospérité des banlieues montréalaises tout en appauvrissant la métropole québécoise, selon M. Bergeron. Le candidat à la mairie de Montréal avance que 22 000 à 23 000 Montréalais quittent la Ville pour s'installer en banlieue et qu'ils y commandent la construction de 8000 à 10 000 unités d'habitation. M. Bergeron souligne que c'est autant d'activités économiques qui échappent à Montréal au profit des banlieues.

Le chef de Projet Montréal a présenté le programme électoral de son parti, mardi matin, articulé en fonction de la rétention des jeunes familles sur le territoire de la Ville. M. Bergeron estime que le programme de son parti est plus succinct qu'en 2005 et 2009 avec ses 6 thèmes et ses 76 engagements.

M. Bergeron s'inspire du projet de 20 000 logements du maire Jean Drapeau dans les années 1970 pour illustrer les possibilités qui s'offrent aux partis politiques afin de retenir sa population. Rappelant qu'il est urbaniste de formation, M. Bergeron explique que c'est à la Ville de Montréal de voir au développement de son territoire. Il déplore que le projet de Griffintown soit l'œuvre d'un prometteur privé dans lequel la Ville n'a pu imposer sa vision du développement urbain.

La Ville doit s'impliquer en tant que promoteur foncier en plus d'aider l'industrie de la construction à livrer des logements mieux adaptés aux réalités des jeunes familles, selon M. Bergeron. « On va être beaucoup plus actif comme ville dans le contrôle du foncier, explique-t-il. On va planifier. [...] Nous voulons une ville beaucoup plus active dans le développement de son territoire. »

Réduire la circulation de 50 %

Le programme du parti s'attarde longuement sur son traditionnel cheval de bataille, la question des transports et de la circulation. Ce volet de son programme est essentiel afin de fournir un environnement de qualité aux jeunes familles dans le but de les retenir à Montréal.

Le parti souhaite ainsi réduire l'offre de stationnement au centre-ville tout en augmentant l'offre de stationnement incitatif en périphérie des quartiers centraux, « idéalement en amont de l'île de Montréal ». M. Bergeron déplore que le dernier investissement dans les infrastructures du transport collectif à Montréal remonte à 1988 lors de la construction de la station de métro L'Acadie.

La formation politique veut également faire de Montréal la métropole des transports durables au cours des prochaines années. Projet Montréal fixe des objectifs de réduction de la circulation automobile de l'ordre de 2,5 % par année jusqu'à l'atteinte de l'objectif général d'une réduction de 50 % de la circulation au centre-ville.

Le parti politique veut faire exploser le nombre de déplacements à pied, à vélo et en transports collectifs. Il souhaite ainsi faire passer le nombre de déplacements actifs de 350 millions, en 2013, à 1 milliard dans 15 ans.

M. Bergeron estime que la réduction de la circulation est un enjeu de l'urbanisme du XXIe siècle. Il cite les villes de Paris, Séoul et Copenhague pour illustrer un mouvement international en faveur de la réduction de la circulation. M. Bergeron souligne que toutes les villes dynamiques ont emprunté cette voie.

Le parti politique veut également encadrer le transport de marchandises sur le territoire de la Ville en interdisant notamment la circulation des semi-remorques au centre-ville de même que dans les quartiers résidentiels.

Aucune hausse de taxes

Projet Montréal entend également considérer le remplacement des maires d'arrondissement par des présidents d'arrondissement qui seraient choisis, et qui pourraient également être démis de leur fonction, par les élus. Le parti souhaite également étendre le droit de vote, lors des élections municipales montréalaises, aux réfugiés et aux résidents permanents canadiens.

Richard Bergeron entend réaliser son programme électoral sans hausser les taxes foncières de ses concitoyens au-delà du taux d'inflation. M. Bergeron estime qu'une éventuelle administration de son parti politique économiserait les sommes volées aux Montréalais au cours des dernières années en raison de la corruption. M. Bergeron estime ces sommes à quelque 100 millions de dollars, une somme suffisante, selon lui, pour assurer les citoyens de la stabilité de leur compte de taxes.

PLUS:rc