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13/08/2013 10:20 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Égypte: le gouvernement nomme 20 nouveaux gouverneurs provinciaux

LE CAIRE, Égypte - Le président par intérim de l'Égypte, Adly Mansour, a nommé 20 nouveaux gouverneurs provinciaux mardi, un geste visant à asseoir le pouvoir de son gouvernement et à écarter les membres des Frères musulmans qui occupaient certains de ces postes.

Ce remaniement est survenu alors que des partisans du président déchu Mohammed Morsi ont renforcé leurs camps de protestation et ont manifesté à plusieurs endroits à travers le pays afin de réclamer le retour du leader issu des Frères musulmans.

Le groupe islamiste refuse de discuter avec le nouveau gouvernement, à qui il reproche de ne pas être sérieux dans ses tentatives de réconciliation et dans sa promesse de libérer les hauts dirigeants des Frères musulmans arrêtés pour incitation à la violence.

M. Morsi a été déposé par l'armée le 3 juillet après que des millions d'Égyptiens furent descendus dans les rues pour exiger son départ, soutenant que le leader n'avait pas réussi à gouverner de manière inclusive et à gérer l'économie. Plusieurs manifestants ont aussi affirmé que l'ex-président agissait seulement dans l'intérêt des Frères musulmans.

Les fidèles de Mohammed Morsi ont protesté tous les jours depuis sa destitution. Le gouvernement Mansour est pour sa part allé de l'avant avec son plan de transition, dont les islamistes sont largement exclus.

Les changements dans l'administration des provinces égyptiennes ont entraîné la mise à l'écart de 10 gouverneurs liés aux Frères musulmans qui avaient été nommés sous M. Morsi. Plusieurs membres du groupe qui travaillaient au sein du précédent gouvernement ont déjà quitté leur poste pour se joindre aux camps de protestation au Caire.

Mardi, la police a lancé des grenades de gaz lacrymogène à des centaines de manifestants pro-Morsi rassemblés devant des édifices gouvernementaux au centre de la capitale égyptienne.

Selon les forces de sécurité et des témoins, des affrontements ont éclaté lorsque les contestataires ont tenté d'entrer dans le ministère des Affaires religieuses afin de libérer les membres des Frères musulmans qui y seraient détenus.

Les protestataires ont jeté des roches aux policiers qui ont voulu contrecarrer leur plan et ces derniers ont répliqué avec du gaz lacrymogène. Des résidants se sont joints aux agents et ont attaqué les partisans de l'ex-président. D'après la police, 12 membres des Frères musulmans ont été arrêtés à la suite de l'escarmouche.

Plus de 250 personnes ont été tuées depuis le coup d'État, dont environ la moitié dans deux affrontements opposant des policiers et des fidèles de Mohammed Morsi.

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