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13/08/2013 04:33 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Israël commence à libérer 26 détenus palestiniens

AFP

JÉRUSALEM - Israël a commencé mardi à libérer 26 prisonniers palestiniens à la veille de la reprise des négociations de paix à Jérusalem, tout en accélérant la colonisation en territoire occupé.

Deux autobus transportant les prisonniers, la plupart arrêtés avant 1994, ont quitté la prison d'Ayalon près de Tel-Aviv, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Un bus à bord duquel ont pris place 14 prisonniers s'est rendu vers le point de passage d'Erez, à l'entrée nord de la bande de Gaza, et un autre s'est dirigé vers la ville de Ramallah en Cisjordanie.

Peu après, l'un des bus a été vu entrer dans l'enceinte de la prison israélienne d'Ofer, près de Ramallah en Cisjordanie, selon un correspondant de l'AFP sur place.

A l'intérieur, les 12 détenus originaires de Cisjordanie devaient rencontrer des responsables palestiniens, puis être transférés dans un bus palestinien devant les conduire à la Mouqataa, le quartier général du président Mahmoud Abbas où était prévue une cérémonie d'accueil.

Dans la ville de Gaza, des proches étaient déjà rassemblés pour attendre l'arrivée des anciens prisonniers. Certains ont installé une tente pour les accueillir et d'autres accrochaient des drapeaux dans les rues.

Ces libérations sont intervenues après le rejet par la Cour suprême israélienne d'un appel contre l'élargissement des 26 détenus palestiniens présenté par Almagor, une association des victimes israéliennes.

Au total, 104 détenus condamnés doivent être relâchés au cours des neuf mois de négociations de paix prévus entre Israéliens et Palestiniens.

Ce début de libérations suit l'annonce par Israël d'un coup d'accélérateur à la colonisation avec un feu vert donné à la construction de 942 logements à Jérusalem-Est annexée, provoquant la fureur des Palestiniens.

La municipalité de Jérusalem a confirmé que le projet de construction dans le quartier de colonisation de Gilo à Jérusalem-Est avait franchi une nouvelle étape avec "l'autorisation du ministère de l'Intérieur" tout en soulignant qu'il s'agit de la poursuite "d'un projet de développement annoncé il y a deux ans".

"C'est une décision terrible qui relève de la provocation envers les Palestiniens, les Américains et le monde entier qui s'opposent tous à la poursuite de la colonisation", a pour sa part affirmé à l'AFP Yossef Pepe Alalu, maire adjoint de Jérusalem et conseiller municipal au nom de l'opposition de gauche.

"La colonisation menace de provoquer l'effondrement des négociations avant même qu'elles débutent", a dit à l'AFP un haut responsable de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo.

Selon un responsable de la "Paix maintenant", une ONG israélienne opposée à la colonisation, la décision de la municipalité comprend aussi la possibilité de construire 300 autres logements dans une phase ultérieure à Gilo.

Déjà dimanche, le gouvernement israélien avait donné son feu vert à la construction de 1.187 logements en Cisjordanie et dans plusieurs quartiers de colonisation de Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a mené de nombreuses missions dans la région avant d'obtenir l'accord des parties à relancer les négociations, a de nouveau jugé "illégitimes" les colonies.

Mais il a affirmé que M. Abbas était "engagé à poursuivre les négociations parce qu'il croit que la négociation est ce qui permettra de résoudre ce problème".

Aucun détail n'a été donné sur l'heure du début des négociations israélo-palestiniennes ou le lieu exact de leur tenue à Jérusalem.

Selon les médias israéliens, l'annonce de constructions dans les colonies a été décidée pour calmer l'aile dure de la coalition dirigée par Benjamin Netanyahu.

Le "Foyer juif", un parti nationaliste membre de la majorité, hostile à la création d'un Etat palestinien, ainsi que les députés et ministres "faucons" du Likoud, le propre parti de M. Netanyahu, font pression pour poursuivre la colonisation afin de rendre impossible tout retrait de Cisjordanie ou toute concession sur Jérusalem-Est.

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