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12/08/2013 05:46 EDT | Actualisé 12/10/2013 05:12 EDT

Rob Ford « devrait se soucier de son image »

Plusieurs experts en communications et des élus incitent le maire de Toronto à « être plus prudent », alors que le maire adjoint sortant accuse à mots couverts les médias de s'acharner sur Rob Ford, après la publication sur Internet de vidéos du maire.

On y voit M. Ford qui semble être en état d'ébriété lors du festival grec Taste of the Danforth, le week-end dernier.

Son allié, Denzil Minnan-Wong, a commenté lundi que « les membres du conseil municipal doivent être prudents ». « Nous devons être des leaders », a-t-il ajouté.

Le professeur de communications, Alexandre Sévigny, de l'Université McMaster d'Hamilton ajoute que le maire est « très populiste », mais qu'il doit être plus « conscient » de son image publique.

Acharnement médiatique?

En revanche, le maire adjoint sortant, Doug Holyday, qui a été élu à l'Assemblée législative provinciale au début du mois, soutient que les vidéos, enregistrées à l'aide de téléphones cellulaires, sont de piètre qualité et ne permettent pas de dire si le maire était ivre.

Selon lui, M. Ford est « plus surveillé que n'importe quel autre politicien ».

Rob Ford s'excuse

De son côté, le maire a admis avoir bu quelques bières, vendredi soir, au festival Taste of the Danforth, mais il estime que la controverse sur la question a pris des proportions démesurées.

M. Ford a commenté la situation lors de l'émission de radio qu'il coanime avec son frère, le conseiller municipal Doug Ford, le dimanche.

Mala Murray a mis en ligne l'un des vidéos gênantes dans laquelle on peut entendre le maire Ford répéter « Je ne conduis pas! ». Joint par CBC, le jeune homme raconte que le maire bégayait lorsqu'il l'a croisé dans la rue. « J'ai remarqué en lui parlant qu'il n'était pas tout à fait lui-même : il était saoul », déplore-t-il.

« En tant que maire, il devrait montrer l'exemple, » affirme-t-il.

Ces vidéos ont fait réagir des conseillers municipaux. Jaye Robinson, qui a déjà incité le maire à s'expliquer publiquement au sujet des allégations de toxicomanie et d'alcoolisme dont il fait l'objet, s'est dite préoccupée par ce qu'elle a vu. Pour sa part, Shelley Caroll a affirmé que même si ces vidéos ne prouvaient rien, elles ne faisaient qu'ajouter à la controverse entourant le comportement passé du maire.

Le frère du maire, Doug Ford, affirmait auparavant que le maire ne touchait pas du tout à l'alcool. Le conseiller a dit, dimanche à la radio, qu'il ne voyait rien de mal à ce que son frère et lui boivent un peu à une fête. « Rob et moi, on est des citoyens ordinaires. On va à un festival, on boit quelques bières et, soudainement, tout le monde est sur notre dos ».

Cible des médias sociaux

Les « paparazzi des médias sociaux » accordent à Rob Ford une attention sans précédent, affirment des experts du web.

Selon Peter Loewen, un aide-professeur de sciences politiques à l'Université de Toronto, le haut niveau d'attention que reçoit M. Ford est dû aux questions soulevées par la présumée vidéo montrant un homme lui ressemblant en train d'inhaler ce qui semble être du crack, une vidéo qui n'a jamais été publiée. Le maire nie avoir fumé de crack et soutient que la vidéo n'existe pas.

Le site web à potins Gawker et le journal Toronto Star affirment toutefois l'avoir vue, et ils ont publié plusieurs articles à ce sujet.

Selon M. Loewen, les gens réalisent qu'il y a un public pour ces vidéos de Rob Ford présentant un comportement qui pourrait susciter des questionnements. Cela leur donne une bonne raison de le filmer partout où il va.

Selon Greg Elmer, professeur de nouveaux médias à l'Université Ryerson de Toronto, le fait que la vidéo sur sa présumée consommation de crack, l'élément central de la controverse entourant M. Ford, soit introuvable est unique. Cela mène à une « cacophonie » d'images, de reportages, de billets de blogues sur le même genre de comportement.

« Cela crée en quelque sorte ce marché d'images, d'histoires et de photos. C'est sans précédent parce que ça a pris une envergure internationale », souligne M. Elmer.

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