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12/08/2013 02:59 EDT | Actualisé 11/10/2013 05:12 EDT

Mali : un scrutin « crédible et transparent », selon l'Union européenne

Les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle tenu dimanche au Mali n'ont pas encore commencé à être divulgués que l'Union européenne (UE) invite d'ores et déjà la population du pays à respecter le verdict des urnes, en raison du bon déroulement du scrutin.

Le second tour opposait l'ex-premier ministre Ibrahim Boubacar Keita, surnommé IBK, à l'ex-ministre des Finances Soumaïla Cissé. Le premier est considéré comme le favori après avoir obtenu 39,79 % des suffrages au premier tour, contre 19,70 % par son adversaire.

La mission d'observation de l'Union européenne a constaté que le scrutin présidentiel s'est déroulé de manière crédible et transparente », a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Les premiers résultats provisoires du scrutin doivent être publiés d'ici vendredi par le ministère de l'Administration territoriale.

« J'appelle tous les candidats et tous les partis en présence à accepter le verdict des urnes et à soutenir le futur gouvernement dans les efforts qu'il devra fournir pour construire une paix durable et restaurer l'unité nationale », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Mme Ashton précise que l'Union européenne, principal partenaire du pays, « continuera de se tenir aux côtés de tous les Maliens et de leurs autorités légitimes pour appuyer ces efforts. »

Avec ce scrutin, le Mali tente de tourner la page sur un an et demi de crise militaire et politique marquée par une offensive de rebelles touaregs dans le nord, un coup d'État mené contre le président Amadou Toumani Touré, l'occupation d'une partie du nord par des groupes djihadistes et une intervention militaire de la France pour les déloger.

Un retour à la démocratie au terme d'un scrutin considéré légitime pourrait entraîner le déblocage d'une aide internationale de 4 milliards de dollars promise au Mali, qui demeure l'un des pays les plus pauvres au monde.

Dans ce contexte, le taux de participation revêt une grande importance. Selon des observateurs maliens indépendants, il pourrait tourner autour de 45 %. Cela serait légèrement inférieur au taux de 48,98 % enregistré au premier tour, mais quand même supérieur à ceux constatés lors des deux précédentes présidentielles.

La baisse du taux de participation s'expliquerait en partie par les pluies torrentielles qui ont eu lieu en matinée, et possiblement par la conviction de plusieurs que la victoire d'IBK n'est qu'une formalité. Déjà largement en avance au terme du premier tour, ce dernier a réussi à obtenir l'appui de 22 des 25 autres candidats éliminés.

Soulaïma Cissé a présenté le second tour comme « une nouvelle élection », et misait, pour combler son retard, sur les quelque 400 000 votes déclarés nuls au premier tour, et sur une mobilisation encore plus importante que lors du premier tour.

Louis Michel, qui dirigeait la mission d'observation de l'Union européenne, avait déjà fait savoir après la fermeture des bureaux de vote dimanche que le scrutin s'était déroulé « dans de bonnes conditions, dans un climat calme et serein » et qu'il n'y avait « rien de douteux » à signaler. « Celui qui aura gagné, quel qu'il soit, aura été élu en toute légitimité », avait affirmé cet ancien ministre belge des Affaires étrangères.

Le nouveau chef de l'État devra notamment s'attaquer à une corruption endémique et construire une paix durable avec les Touaregs, deux problèmes qui ont contribué au coup d'État militaire de mars 2012.

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