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10/08/2013 04:31 EDT | Actualisé 09/10/2013 05:12 EDT

Un navire chinois tente la traversée du passage du Nord-Est

Un navire marchand chinois tente pour la première fois de se rendre en Europe en passant par l'Arctique.

Selon le quotidien China Daily, un cargo appartenant au géant chinois du fret maritime Cosco a quitté jeudi son port de Dalian et devrait atteindre l'Europe en 33 jours en empruntant le passage du Nord-Est, qui longe les côtes septentrionales de la Sibérie.

La compagnie fait le pari que la fonte des glaces de l'Arctique rendra le voyage possible. Elle tente l'exploit alors que l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a enregistré une fonte record des glaces de l'Arctique en août et septembre 2012.

Le cargo en question doit franchir le détroit de Béring le 25 août, avant de commencer sa traversée de l'océan Arctique, cette route maritime longeant la Russie n'étant praticable que l'été.

La Chine, premier exportateur mondial, porte un grand intérêt au passage du Nord-Est, cette route étant plus courte de plusieurs milliers de kilomètres que celle qu'elle doit emprunter actuellement pour rejoindre l'Europe, son premier partenaire commercial, en passant par le canal de Suez, en Égypte.

Pékin espère aussi que ce raccourci polaire sera bénéfique au développement de ses ports dans le nord-est du pays. Environ 90 % des échanges commerciaux chinois passent par la mer. 

La Russie gagne au change elle aussi en imposant la location de ses brise-glaces à tous les cargos désirant emprunter le passage du Nord-Est.

L'Arctique, objet de convoitise

Le passage du Nord-Est constitue en quelque sorte un concurrent au passage du Nord-Ouest, une autre voie maritime longeant le Canada et permettant, en théorie, de relier les océans Atlantique et Pacifique. 

Le trafic dans ces eaux arctiques demeure néanmoins embryonnaire au regard des routes traditionnelles via le canal de Suez ou de Panama.

La Chine, premier consommateur d'énergie du monde, lorgne par ailleurs les vastes réserves d'hydrocarbures que recèlerait l'Arctique, d'autant plus que celles-ci devraient devenir plus facilement accessibles au cours des prochaines années en raison du recul croissant de la calotte polaire.

Tous cenjeux font partie des sujets étudiés par le Conseil de l'Arctique, actuellement présidé par le Canada.

Plusieurs pays asiatiques, dont la Chine, ont d'ailleurs obtenu le statut d'observateur, en mai dernier.

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