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09/08/2013 08:21 EDT | Actualisé 09/10/2013 05:12 EDT

Le député libéral Emmanuel Dubourg veut se lancer en politique fédérale

MONTRÉAL - Le député libéral de Viau à l'Assemblée nationale, Emmanuel Dubourg, a confirmé vendredi qu'il sera candidat à l'investiture libérale dans la circonscription fédérale de Bourassa, laissée vacante par le départ de Denis Coderre qui, lui, brigue la mairie de Montréal.

Bien qu'il ne soit pas assuré d'être choisi comme candidat pour porter les couleurs du Parti libéral du Canada, M. Dubourg a du même coup annoncé sa démission immédiate comme député de Viau.

Le député a expliqué qu'il aurait pu demeurer en poste jusqu'au déclenchement de l'élection complémentaire dans la circonscription fédérale, mais il a estimé que cette façon de faire ne rendrait pas justice aux électeurs de la circonscription de Viau.

«Faire campagne pour mon élection au fédéral et continuer à garder ma chaise provinciale ne correspond pas du tout à mes valeurs d'intégrité», a-t-il déclaré.

M. Dubourg a dit avoir discuté de ses intentions avec le chef libéral, Justin Trudeau, qu'il dit être un ami — les circonscriptions actuelles des deux hommes se recoupent sur le territoire montréalais — mais il semble que ce dernier ne lui ait rien promis, si l'on se fie aux propos de M. Dubourg.

«Je lui ai fait part de mon intérêt et il m'a dit: ''il y a d'autres candidats, il y a d'autres personnes intéressées donc, Emmanuel, c'est ta décision''», a rapporté M. Dubourg, tout en reconnaissant que la décision de quitter son siège provincial dès maintenant était sans lendemain. «Dans toute chose, il y a un risque. Si je ne remporte pas l'investiture, bon, voilà, je n'ai pas de ''job''!», a-t-il lancé avec le sourire.

Né en Haïti en 1958, M. Dubourg a représenté la circonscription de Viau à l'Assemblée nationale du Québec depuis 2007.

S'il devait remporter l'investiture libérale, il affrontera notamment son compatriote George Laraque, le chef adjoint du Parti vert qui a déjà annoncé sa candidature dans Bourassa, une perspective qui n'effraie pas M. Dubourg, du moins pas sur le terrain politique.

«Je ne voudrais pas affronter M. Laraque dans un match de hockey! Ça, je vais laisser ça à M. (David) Desharnais ou P.K. Subban. Mais là, maintenant, nous sommes en politique, je vais aller dans ce comté-là pour défendre les valeurs libérales», a-t-il dit.

Membre de l'Ordre des comptables agréés du Québec, M. Dubourg a fait une maîtrise en administration des affaires à l'Université du Québec à Montréal.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a salué le travail de son député par voie de communiqué et l'a remercié de son engagement auprès des citoyens.

M. Couillard a par ailleurs précisé qu'il ne se présenterait pas dans le comté de Viau et qu'une assemblée d'investiture aurait lieu pour choisir un nouveau candidat pour ce comté.

Par ailleurs, le départ précipité de M. Dubourg, moins d'un an après le dernier scrutin général, choque la Ligue des contribuables du Québec.

Le député démissionnaire aura droit, sur la base de ses années de service à l'Assemblée nationale, à une généreuse allocation de transition qui pourrait atteindre 102 500 $, selon la directrice générale de la Ligue, Claire Joly.

En incluant le coût d'une nouvelle élection complémentaire dans Viau, les contribuables devront débourser plus de 600 000 dollars pour permettre à M. Dubourg de tenter sa chance de l'autre côté de la rivière des Outaouais.

La décision de M. Dubourg de quitter son siège si peu de temps après avoir sollicité un nouveau mandat aux électeurs de Viau a de quoi nourrir le cynisme de la population envers la classe politique, a soutenu Mme Joly.

«Ça donne l'impression que les gens ne prennent pas leur engagement très au sérieux. C'est un bris d'engagement, un bris de contrat. Il y a un problème d'éthique morale à se faire élire pour quatre ans et de ne pas terminer le mandat», a-t-elle fait valoir.

Assurés d'empocher une généreuse indemnité, les députés peuvent se permettre de démissionner «pour un oui ou pour un non» sans la moindre considération pour les contribuables, a déploré Mme Joly.

— Martin Ouellet, à Québec, a contribué à ce texte

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