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08/08/2013 10:35 EDT | Actualisé 08/10/2013 05:12 EDT

Un itinérant autochtone décédé dans une salle d'urgence de Winnipeg blâmé

WINNIPEG - Un itinérant autochtone décédé après avoir attendu d'être soigné pendant 34 heures dans une salle d'urgence de Winnipeg est en partie responsable de ce qui lui est arrivé, affirme un médecin qui a examiné le cerveau du défunt.

Dans un courriel cité jeudi lors d'une audience de la commission d'enquête sur le décès de Brian Sinclair, le Dr Marc Del Bigio laisse entendre que l'usage abusif de solvant par l'homme amputé des deux jambes était à l'origine des problèmes de santé qui l'avaient poussé à se rendre au Centre des sciences de la santé de Winnipeg en septembre 2008.

M. Sinclair a succombé à une infection causée par un cathéter bloqué qui aurait pu être traitée. Le Dr Del Bigio a écrit dans un courriel adressé au médecin légiste en chef du Manitoba et directeur de l'Office régional de la santé de Winnipeg qu'il ne faisait aucun doute que quelque chose s'était mal passé dans la salle d'urgence.

Après avoir examiné les milliers de pages du dossier médical de Brian Sinclair, le médecin a toutefois estimé que l'hôpital n'était pas l'unique responsable de la mort du sans-abri et que les ennuis de santé de ce dernier étaient la conséquence de plusieurs décennies d'abus.

Lors d'une précédente audience, la commission d'enquête avait appris que l'homme de 45 ans s'était d'abord présenté dans une clinique parce qu'il n'avait pas uriné depuis 24 heures. Un médecin lui avait alors conseillé d'aller à l'hôpital avant de le mettre dans un taxi avec une lettre à l'intention du personnel soignant en poche.

Selon des témoins, M. Sinclair est arrivé dans la salle de triage en fauteuil roulant, a parlé avec un préposé et a ensuite attendu 34 heures. Au cours de cette attente, il s'est vomi dessus et est demeuré immobile pendant de nombreuses heures avant qu'un patient inquiet n'alerte la sécurité.

Le médecin légiste en chef a déclaré que Brian Sinclair avait sans doute rendu l'âme bien avant que son décès ne soit découvert.

Le Dr Marc Del Bigio a indiqué que le quadragénaire avait subi d'importants dommages au cerveau en respirant des vapeurs de colle et d'autres solvants. Il a ajouté que, en raison de sa santé mentale, il n'aurait jamais dû être envoyé seul aux urgences.

Les travaux de la commission d'enquête doivent se poursuivre tout le mois d'août puis reprendre en octobre.

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