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07/08/2013 03:20 EDT | Actualisé 06/10/2013 05:12 EDT

Sun Media et Sophie Durocher devront payer 10 000 $, Québecor veut en appeler

La Cour supérieure a ordonné à Sun Media, Canoë et Sophie Durocher « à payer, conjointement et solidairement » la somme de 10 000 dollars pour dommages moraux, à Gesca, propriétaire de La Presse et du site Cyberpresse.

Gesca a déposé en juin 2011 une poursuite pour atteinte à sa réputation à la suite de la parution d'un article intitulé « Les copains d'abord », dans lequel Sophie Durocher évoquait une entente « secrète » entre Gesca et la Société Radio-Canada.

Dans l'article publié sur le site Internet de Canoë et dans le Journal de Montréal, la journaliste et chroniqueuse utilisait le sobriquet « Radio-Gesca ».

Elle y écrivait également que Gesca, par l'intermédiaire des représentants de Radio-Canada, avait tenté de soutirer du consortium des télédiffuseurs le privilège de diffuser gratuitement sur son site web le débat des chefs qui s'est tenu lors des dernières élections fédérales, au printemps 2011.

Gesca a alors décidé d'entamer des procédures judiciaires et réclamé la somme de 75 000 dollars, soutenant qu'il s'agissait là d'une allégation « fausse, trompeuse et mensongère », et d'une « atteinte à la réputation ».

Le président du consortium des télédiffuseurs, Troy Reeb, avait lui aussi nié ces allégations.

Le jugement

Au terme du procès, la juge Eve Petras a conclu qu'une journaliste avec autant d'expérience aurait dû tenter de contacter La Presse, Gesca ou Radio-Canada afin de valider ses informations. Elle a reconnu ne pas avoir fait ce travail lors de son témoignage.

Le tribunal estime par ailleurs que Sophie Durocher n'a pas agi de « mauvaise foi », mais qu'elle a néanmoins « agi d'une façon négligente, et peut-être avec une certaine malice ou mépris envers » Radio-Canada et Gesca.

La défense a tenté de plaider qu'à titre de chroniqueuse, Sophie Durocher avait le droit d'exprimer son opinion, même erronée, un argument avec lequel la Cour supérieure s'est dite en désaccord.

Dans ce jugement, daté du 5 août, la juge Petras a donc ordonné le retrait de l'article du site Internet Canoë dans les 48 heures suivantes.

La magistrate a également sommé Sun Media et Canoë.ca de publier un rectificatif et des excuses le premier vendredi suivant la date à laquelle le présent jugement deviendra exécutoire.

Le texte devra se trouver en deuxième page de la section Arts et Spectacles du Journal de Montréal, « avec une visibilité et un format au moins équivalents à celui de l'article en cause », a précisé le tribunal.

Québecor, propriétaire de Sun Media, a indiqué mercredi sur son fil Twitter qu'il en appellera de ce jugement. Il a aussi tenu à défendre sa journaliste, reprenant les arguments de la défense.

La Presse Canadienne

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