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07/08/2013 09:29 EDT | Actualisé 07/10/2013 05:12 EDT

Barack Obama annule son sommet avec Vladimir Poutine

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US President Barack Obama pauses as he speaks on home ownership for the middle class at Desert Vista High School on August 6, 2013 in Phoenix, Arizona. AFP PHOTO/Mandel NGAN (Photo credit should read MANDEL NGAN/AFP/Getty Images)

LOS ANGELES, États-Unis - Le président des États-Unis, Barack Obama, a annoncé mercredi l'annulation de sa rencontre à Moscou avec son homologue russe, Vladimir Poutine, un rare gifle diplomatique qui survient après que la Russie eut accordé l'asile à l'informaticien américain en fuite Edward Snowden.

Cette décision apparaît comme une mesure de rétorsion face à la décision de la Russie d'accorder l'asile à l'homme à l'origine des révélations sur les programmes américains de surveillance, que Washington accuse d'espionnage. Elle reflète également la frustration grandissante de l'administration Obama face à ce qui est perçu comme l'entêtement de Moscou dans d'autres dossiers, notamment la défense antimissile et les droits de la personne.

Un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que M. Obama participerait tout de même au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg en septembre, mais qu'il n'avait aucunement l'intention d'avoir un entretien privé avec M. Poutine en marge de l'événement, tel que prévu initialement.

Le président Obama remplacera son arrêt à Moscou par une visite en Suède au début du mois de septembre, a précisé la Maison-Blanche.

Le Kremlin a exprimé sa déception mercredi après l'annonce de la décision, tout en affirmant qu'il restait prêt à coopérer avec les États-Unis sur les questions bilatérales et internationales.

Le conseiller en politique étrangère du président Poutine, Yuri Ouchakov, a déclaré aux journalistes que la décision de M. Obama montrait l'incapacité des États-Unis à développer des relations avec la Russie «sur une base d'égalité».

M. Ouchakov a toutefois ajouté que le président Obama était toujours invité à se rendre à Moscou le mois prochain. «Les représentants russes sont prêts à continuer de travailler avec nos partenaires américains», a-t-il dit.

Le conseiller a répété l'argument du Kremlin voulant que la Russie n'ait eu d'autre choix que d'accorder l'asile à Edward Snowden, en l'absence d'un traité bilatéral d'extradition.

«Cette décision est clairement liée à la situation avec l'ancien agent des services spéciaux américains (Edward Snowden), qui n'a pas été créée par nous», a-t-il dit aux journalistes.

Lors d'une entrevue diffusée mardi par le réseau NBC, M. Obama s'est dit «déçu» de la décision de la Russie d'accueillir Edward Snowden pour un an. Il a estimé que cela reflétait les «défis sous-jacents» auxquels les États-Unis sont confrontés dans leurs relations avec la Russie.

«Il y a des moments où ils reviennent aux attitudes et à la mentalité de la guerre froide», a-t-il lancé lors du «Tonight Show», une émission de fin de soirée.

La décision de M. Obama risque de refroidir davantage les relations entre les deux grandes puissances, qui ont notamment été mises à mal par le conflit syrien. L'administration Obama accuse Moscou, qui soutient le régime de Bachar el-Assad, de financer la guerre civile en Syrie.

L'administration Obama ne s'est pas non plus gênée pour condamner la répression visant les détracteurs du Kremlin.

De son côté, Moscou reproche à Washington d'avoir installé un bouclier antimissile en Europe de l'Est, même si les Américains promettent que ce bouclier ne visera pas leur ancien ennemi. M. Poutine a aussi entériné l'an dernier une loi qui interdit aux Américains d'adopter des enfants russes, une décision considérée comme une mesure de rétorsion après que les États-Unis eurent imposé des sanctions à des Russes soupçonnés de violations des droits de la personne.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, prévoient toujours rencontrer leurs homologues russes vendredi à Washington. Le dossier d'Edward Snowden devrait figurer au menu des discussions.

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