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06/08/2013 06:05 EDT | Actualisé 06/10/2013 05:12 EDT

Une enquête se penche sur la mort d'un sans-abri autochtone à l'urgence

WINNIPEG - La régie de la santé de Winnipeg admet que des erreurs ont été commises pour que meure un sans-abri autochtone en fauteuil roulant après une attente de 34 heures dans une salle d'urgence, mais nie toute allégation de profilage racial ou social.

La commission d'enquête sur la mort de Brian Sinclair a révélé que la responsabilité n'incombait à personne en particulier, rapporte l'avocat de l'Office régional de la santé de Winnipeg, William Olsen.

Selon lui, c'est une accumulation de facteurs et d'événements dus au hasard qui a joué en la défaveur de M. Sinclair.

Brian Sinclair, un double-amputé, s'était rendu à l'urgence médicale de l'hôpital Winnipeg's Health Science Centre, le 19 septembre 2008, pour une infection de la vessie. Après avoir parlé à une infirmière, il est resté dans la salle d'urgence jusqu'à ce qu'un autre patient n'avertisse un garde de sécurité qu'il était décédé.

L'enquêteur médical du Manitoba a découvert que M. Sinclair avait un cathéter bloqué, un problème simple à régler. Le juge Tim Preston tiendra des audiences en août et en octobre afin de déterminer la cause exacte du décès.

M. Olsen se défend des accusations de certains voulant que l'individu ait été oublié dans la salle d'urgence à cause de son origine ethnique et de son handicap. Il soutient que l'événement aurait pu arriver à n'importe quel patient. Il affirme aussi que l'hôpital était responsable de M. Sinclair à partir du moment où il est entré dans l'établissement.

Pour l'avocat de la famille Sinclair, Murray Trachtenberg, il fait peu de doute que l'aspect marginal du défunt a mené le personnel à douter de ses réels besoins de soins.

M. Sinclair était un visiteur régulier de l'hôpital et avait des problèmes de toxicomanie, confirme l'avocat. «Mais ce ne sont pas ses démons qui l'auront tué, mais les anges, les professionnels vers lesquels nous nous tournons tous en temps d'urgence médicale», a-t-il imagé.

Les premiers témoins devant la commission ont affirmé, mardi, que M. Sinclair n'était pas un type plaignard ou qui s'apitoyait sur lui-même.

La soeur du défunt, Esther Grant, a décrit son jeune frère comme un homme discret qui se souciait toujours des autres. Avant qu'il ne perde ses jambes, il a sauvé des gens pris à l'intérieur d'une maison en flammes, a-t-elle raconté.

Issu d'une famille de neuf enfants, il était doué à l'école, mais a entretenu de mauvaises fréquentations lorsque sa famille a déménagé de Berens River à Winnipeg. Il a commencé à inhaler des substances et a été confié aux services sociaux quand ses parents se sont séparés. Toujours selon le témoignage de Mme Grant, ses frères et soeurs et lui ont été évincés d'une famille d'accueil et se sont retrouvés dans la rue. C'est alors que des engelures lui ont fait perdre ses deux jambes.

Ken McGhie, un aumônier de la Lighthouse Mission, se souvient de M. Sinclair comme de «l'incarnation de la patience». «Il ne se pressait jamais en rang, il ne se plaignait jamais», a-t-il confié.

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