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06/08/2013 09:11 EDT | Actualisé 06/10/2013 05:12 EDT

Le FMI satisfait du travail de Kevin Page

Le Fonds monétaire international (FMI) accorde une note élevée à Kevin Page pour son travail en tant que premier directeur parlementaire du budget (DPB) au Canada.

Dans son rapport d'évaluation des organismes de surveillance budgétaire internationaux, le FMI consacre neuf pages aux obstacles qu'a rencontrés M. Page durant ses cinq ans en poste à tenter de rendre plus transparents les procédés budgétaires du gouvernement conservateur.

Selon le FMI, grâce à sa transparence et à une stratégie médiatique active, M. Page a réussi à se bâtir une bonne réputation, tant localement qu'internationalement. Une autre de ses forces a été de se concentrer sur les politiques fiscales.

L'organisation internationale s'est toutefois gardée de critiquer les tensions entre le gouvernement conservateur et Kevin Page, même si elle cite de nombreux rapports du DPB ayant semé la controverse au Canada.

Le dossier de l'Afghanistan fait partie de ces points en litige. Alors que le gouvernement estimait le coût de la mission canadienne en sol afghan à 8 milliards de dollars, les estimations du DPB avoisinaient les 18 milliards.

Plus récemment, le gouvernement de Stephen Harper a été critiqué pour l'achat des chasseurs F-35, dont il estimait le coût à long terme à 19 milliards de dollars. En mars 2011, le rapport du bureau de Kevin Page prévoyait plutôt une facture de 128 millions de dollars par avion pour une durée de vie de 30 ans. Au final, ce sont 10 milliards de plus que les prévisions gouvernementales.

L'indépendance du DPB

Le rapport conclut que les tensions entre M. Page et le gouvernement Harper sont dues à la confusion sur la mission du service du budget, qui est un service de la Bibliothèque du Parlement. Cet emplacement dans l'organigramme pourrait avoir amoindri la marge de manoeuvre de M. Page.

La confusion a atteint son apogée lorsque M. Page, déterminé à travailler de manière transparente, a rendu publics ses rapports, alors que la Bibliothèque du Parlement fournit des services confidentiels aux membres du Parlement.

Il aurait poussé l'audace jusqu'à se rendre très disponible auprès des médias, allant jusqu'à leur offrir des résumés et des indications sur la façon de lire et comprendre ses rapports. Il était d'ailleurs surnommé « le chien de garde » du Parlement.

La stratégie de Kevin Page a porté ses fruits puisque son travail aurait reçu plus d'attention médiatique que la moyenne des autres pays évalués par le FMI, y compris les Pays-Bas, la Belgique et la Hongrie.

Bien qu'efficace pour faire connaître le travail du DPB, cette approche a servi à alimenter les tensions avec le gouvernement, note le FMI, poussant le DPB à chercher des réponses légales aux questions entourant son indépendance et sa composition institutionnelle.

Le directeur parlementaire n'a pas hésité à entamer des poursuites contre le gouvernement fédéral alors qu'il n'arrivait pas à obtenir certaines informations sur les réductions budgétaires de 2012. Si le juge ne s'est pas prononcé sur les limites du mandat du DPB dans sa décision, il a toutefois indiqué qu'un gouvernement ne peut se servir de sa majorité parlementaire pour dissimuler des informations.

M. Page a quitté son poste en mars dernier, mais son successeur rencontrera aussi de nombreux défis, croit le FMI.

Déjà, sa remplaçante intérimaire, Sonia L'Heureux, s'est plainte le mois dernier que de nombreux ministères ne livraient pas à temps les informations budgétaires, des informations que le service du budget est en droit d'exiger, selon la décision de la cour.

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