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05/08/2013 02:14 EDT

États-Unis: la menace d'attentats, un plaidoyer pour la NSA, selon ses défenseurs

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BERLIN, GERMANY - JULY 27: Activists demonstrate against the electronic surveillance tactics of the NSA and in support of whistleblowers Bradley Manning and Edward Snowden on July 27, 2013 in Berlin, Germany. The NSA scandal has been especially contentious in Germany after media reports claimed the NSA had conducted wide scale gathering of electonic data, including e-mails, of German citizens. Activists are demonstrating against the NSA in cities across Germany today. (Photo by Sean Gallup/Getty Images)

Les menaces d'attentats justifiant la fermeture d'ambassades américaines illustrent l'utilité des programmes de la NSA, critiqués après l'affaire Snowden, assurent les défenseurs de l'agence de renseignement, même si ses détracteurs s'interrogent sur l'ampleur donnée à une menace qui reste vague.

Elus démocrates et républicains se sont succédé sur les télévisions américaines ce week-end pour justifier la décision de maintenir fermés jusqu'à samedi 19 postes diplomatiques au Moyen Orient et en Afrique et rappeler le rôle de la puissante agence chargée du renseignement électronique.

La décision a été prise après l'interception de communications émanant de responsables d'al-Qaïda, ont-ils confié.

"C'est une menace très crédible et elle s'appuie sur du renseignement", a justifié Dutch Ruppersberger, principal élu démocrate à la commission du renseignement de la chambre des Représentants. "C'est ce que fait la NSA, dont la seule raison d'être est de recueillir des renseignements afin de protéger les Américains contre les attentats".

Un plaidoyer bienvenu pour une agence sous le feu des critiques pour les empiétements sur la vie privée et les libertés individuelles de ses programmes de surveillance des communications et d'internet révélés par son ex-consultant aujourd'hui réfugié en Russie, Edward Snowden.

Deux programmes sont particulièrement visés par les critiques: le programme Prism de surveillance d'internet et surtout la collecte de métadonnées téléphoniques (durée d'appel, numéro appelé) récupérées auprès des compagnies téléphoniques américaines.

Le vice-président Joe Biden a présenté l'état de la menace à plusieurs élus et, pour le sénateur républicain Lindsay Graham, "ça fait peur. Al-Qaïda reprend son ascension dans cette partie du monde et le programme de la NSA prouve à nouveau sa valeur".

"Ces programmes sont controversés, on comprend ça", a concédé son collègue républicain Saxby Chambliss. Mais selon lui "si nous n'avions pas ces programmes, nous ne pourrions écouter nos ennemis. Et je dirais que c'est le programme 702 (celui établissant Prism, ndlr) qui nous a permis d'intercepter ces éléments", a-t-il détaillé sur NBC.

Le numéro deux de la NSA, John Inglis a révélé la semaine passée que ces programmes avaient contribué à prévenir 54 attentats: 13 aux Etats-Unis, 25 en Europe, cinq en Afrique et 11 en Asie.

Pas le choix

La dernière alerte montre à nouveau que la NSA et les autres agences de renseignement sont "sacrément bonnes. Elles sont capables d'écouter ce qui se dit et d'empêcher de nombreux complots terroristes", a lui estimé le sénateur démocrate Charles Schumer.

"Ceci étant dit, il faut toujours un équilibre entre sécurité et libertés. Et il est toujours temps de rééxaminer cela", a-t-il toutefois nuancé.

Le caractère ambigu de la menace --assez précise pour entraîner une mise en garde publique mais géographiquement vague, puisque des fermetures de postes diplomatiques ont eu lieu dans de larges zones géographiques-- laisse pourtant certains perplexes.

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Adam Schiff, un démocrate de la commission du renseignement de la Chambre, est ainsi sceptique sur le rôle des programmes tant décriés. "Si vous regardez le programme de collecte des métadonnées, il n'y a pas indication que ce programme (...) ait contribué aux renseignements sur la menace actuelle", a-t-il jugé.

Mais penser à une diversion ou un écran de fumée après les déboires de la NSA ulcère le républicain Peter King, pour qui "il est absolument fou de dire qu'il y a un complot. (...) J'ai vu les renseignements. Le gouvernement aurait été totalement négligent s'il n'avait pas pris la décision qu'il a prise".

Le souvenir des critiques contre le gouvernement après l'attaque contre le consulat américain de Benghazi en septembre 2012 au cours de laquelle l'ambassadeur avait été tué reste vif, a rappelé sur CNN Phil Mudd, ancien de la CIA et du FBI aujourd'hui au centre de réflexion New America Foundation.

L'administration n'avait selon lui pas le choix: "Vous mettez les gens en garde en sachant que c'est très vague. Mais si vous ne le faites pas et que quelque chose se passe, on vous reprochera d'avoir eu l'information et de n'avoir rien dit".

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