NOUVELLES
05/08/2013 05:19 EDT | Actualisé 05/10/2013 05:12 EDT

La cloche de Batoche est retrouvée, mais où sont les médailles?

MILLBROOK, Ont. - Les membres de la section ontarienne de la Légion royale canadienne ne porteront pas d'accusations contre le Métis qui affirme avoir volé la cloche de Batoche, il y a plus de 20 ans. Ils aimeraient par contre récupérer les médailles qui auraient été volées en même temps.

La célèbre cloche, symbole de l'unité métisse, avait été subtilisée une première fois en 1885 dans une église de Batoche, en Saskatchewan, par des soldats qui combattaient les rebelles menés par Louis Riel. Elle a été emmenée à Millbrook, en Ontario, où elle a été mise dans la caserne de pompiers, jusqu'à ce qu'elle se retrouve chez les anciens combattants de l'endroit.

En 1991, la cloche a disparu, ainsi que trois médailles remises à des soldats de Millbrook qui avaient combattu les troupes de Riel.

Le mois dernier, Billyjoe Delaronde, un Métis du Manitoba, a avoué avoir volé la cloche et l'a rendue à l'évêque du diocèse catholique de Prince Albert à Batoche, mettant fin au mystère qui persistait depuis 1991.

Mais le sort des médailles demeure un mystère auquel la police ne semble pas s'intéresser. Et les histoires qui l'entourent ont presque tout d'un western des temps modernes.

Dan Maebrae, qui était alors sergent-d'armes à la Légion de Millbrook, se souvient d'une soirée arrosée avec Billyjoe Delaronde et d'autres Métis du Manitoba. À ce moment-là, les trois médailles se trouvaient avec la cloche.

La version des deux hommes est la même: M. Delaronde et d'autres Métis sont arrivés à la Légion, ce soir de 1991, et ont commencé à boire cordialement avec d'autres membres. Le groupe a demandé à voir la cloche et M. Maebrae leur a montrée avec plaisir.

Delaronde et ses compagnons ont alors feint de renverser du tabac sur le plancher. Pendant que les membres de la Légion sont partis chercher un balai, ils se sont emparés de l'artéfact.

Par la suite, toutefois, M. Delaronde a modifié sa version, disant plutôt s'être introduit par effraction dans les locaux de la Légion quelques nuits plus tard pour subtiliser la cloche.

M. Delaronde, joint à son domicile à Dauphin, au Manitoba, affirme ne pas savoir ce qui est advenu des médailles. «Je me souviens que des médailles se trouvaient sur le mur», a-t-il dit. «S'il y a des médailles, je vais mener une enquête.»

Gary Floyd Guiboche, présentement en prison pour avoir tué sa femme, était avec M. Delaronde, ce soir de 1991. En entrevue avec le Winnipeg Free Press, il a raconté: «Nous avons vu d'autres objets traditionnels. Nous nous sommes regardés et les avons pris aussi. Il n'y avait pas de système d'alarme, seulement des fils installés, mais c'était un système bidon.»

Tony Belcourt, un autre homme du groupe, se souvient aussi avoir vu les médailles dans un présentoir avec la cloche, mais ne pouvait affirmer si elles y étaient toujours lorsque son compagnon est retourné pour s'emparer de la cloche.

«Je n'étais pas là», a dit M. Belcourt en parlant du vol. «Billyjoe était là.»

Un ancien président de la Légion de Millbrook, Dave Penney, affirme quant à lui que le président de la Nation métisse de la Saskatchewan, Robert Doucette, lui a téléphoné en 2010, affirmant avoir une idée de l'endroit où se trouvait l'une des médailles. Il espérait alors organiser une cérémonie de réconciliation avec la Légion pour le vol de la cloche.

Mais ces bonnes intentions sont tombées lorsqu'un agent de la Gendarmerie royale du Canada a appelé M. Doucette et l'a longuement questionné, alors que M. Penney avait justement téléphoné à la Police provinciale de l'Ontario afin de s'assurer que M. Doucette ne serait pas accusé. «J'ai appelé Rob et lui ai dit: 'Ne viens pas en Ontario'», relate M. Penney.

Billyjoe Delaronde espère que les médailles seront retrouvées. Il garde un excellent souvenir de sa soirée avec les membres de la Légion ontarienne. «J'espère qu'ils pourront venir à Batoche un jour», a-t-il confié.

PLUS:pc