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05/08/2013 12:18 EDT | Actualisé 05/10/2013 05:12 EDT

Jeux du Canada: Nicholas Hoag a été programmé pour jouer au volley

SHERBROOKE, Qc - Nicholas Hoag n'était pas que voué à suivre les traces de son paternel et de son grand frère. Il a été programmé pour jouer au volleyball.

Le jeune Sherbrookois, qui fait sensation aux Jeux du Canada, est un produit de la théorie d'Ericsson, «The making of an expert», selon laquelle on ne naît pas avec le talent, on doit le développer.

«J'ai presque fait une expérimentation avec Nicholas, admet son père Glenn, ancien joueur et actuel entraîneur de l'équipe canadienne masculine de volleyball. On l'a entrepris très jeune, à l'âge de 12 ans, avec un préparateur physique, en se basant sur les enseignements du développement à long terme de l'athlète (DLTA, de Sport Canada) et de la théorie d'Ericsson des 10 ans, 10 000 heures.»

Il y a une vingtaine d'années, le psychologue suédois K. Anders Ericsson a établi que l'être humain doit s'imposer 10 000 heures d'entraînement — à raison de 20 heures/semaine pendant 50 semaines/année pour totaliser 10 ans — afin de devenir un expert dans n'importe quelle sphère d'activité.

«À l'époque, des amis et moi avons tenté l'expérience avec nos enfants, reprend Glenn Hoag, qui est natif d'Ottawa. Je ne l'ai pas fait avec mon fils aîné Christopher (également un volleyeur émérite).»

Nicholas, âgé de 20 ans, s'est prêté au jeu volontiers, lui qui a toujours 'baigné' dans le volleyball et qui a tôt fait d'en faire sa passion.

«J'ai commencé à frapper des ballons à l'âge de sept ans quand mon père 'coachait' à Paris, relate-t-il. Je l'accompagnais partout, aux entraînements et aux matchs, et j'ai tout de même eu la piqûre. Mon père ne nous a jamais forcés, mon frère et moi, à jouer au volleyball.

«C'est vrai qu'à 12 ans, j'ai commencé à m'entraîner en gymnase. Je faisais surtout des poids et haltères, et ça m'a beaucoup aidé.»

Aux Jeux du Canada, Hoag est le meneur de jeu incontesté de l'équipe du Québec, qui a subi sa première défaite du tournoi contre l'Alberta, lundi, après avoir ses trois premiers matchs. Il fait profiter ses coéquipiers de l'expérience acquise à titre de jeune membre de l'équipe canadienne senior. Son frère Christopher, 24 ans, et lui évoluent sous les ordres de leur père.

«J'ai un rôle différent ici, mentionne-t-il. J'essaie d'aider les gars le plus possible. Certains sont moins expérimentés, c'est normal. J'essaie de les calmer quand ils sont plus stressés. Je leur refile des trucs tactiques. Ça se passe super bien. J'apprécie réellement le groupe qu'on a.»

Il est également un joueur marqué chez ses rivaux, qui n'hésitent pas à tenter de le déconcentrer. Dimanche, un joueur de la Nouvelle-Écosse a été expulsé du match parce qu'il a tenu des propos désobligeants à son endroit.

«C'est une des pires fois où l'on a essayé de me déconcentrer. Je vais garder pour moi ce qu'il m'a dit, a-t-il commenté avec le sourire. Ça fait partie du jeu. Le gars est venu m'expliquer après le match qu'il cherchait simplement à fouetter ses coéquipiers.»

Rio 2016

Concentré sur la tâche à accomplir à Sherbrooke, Nicholas ne cache pas avoir dans sa mire une participation aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016. Il pourrait vivre une expérience grisante en famille, aux côtés de son père et de son frère.

«C'est un de mes rêves de prendre part aux Jeux olympiques, précise-t-il. Je joindrai cet automne les rangs du club professionnel de Tour, en France. L'objectif est de m'améliorer le plus possible afin d'obtenir ma place au sein de l'équipe canadienne.»

Les volleyeurs canadiens ont raté de justesse leur qualification aux Jeux de Londres, l'an dernier. Leur dernière participation aux JO remonte à 1992.

Un père zen

L'entraîneur Glenn Hoag ne trouve pas difficile d'être confiné à un rôle de parent, dans les gradins.

«On peut être parfois trop analytique, mais il faut que je le laisse faire ses classes», dit celui qui a aidé le Canada à finir quatrième aux JO de Los Angeles en 1984.

Obligation professionnelle oblige, il détourne souvent le regard pendant les matchs du Québec afin de suivre l'action sur les autres terrains.

«On fait évidemment un peu de recrutement. On connaît déjà les joueurs les plus prometteurs au pays, mais c'est bon de vérifier où ils sont rendus dans leur progression», conclut-il.

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