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05/08/2013 08:22 EDT

Un portrait d'Aqpa, la branche la plus active d'Al-Qaïda

AP

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), à la base d'une alerte de sécurité et de la fermeture de 25 missions diplomatiques américaines, est vue par Washington comme la plus active des branches du réseau extrémiste.

Né en janvier 2009 de la fusion des branches saoudienne et yéménite d'Al-Qaïda, Aqpa a revendiqué une série d'importants d'attentats, aussi bien au Yémen où il est basé qu'à l'extérieur, y compris une tentative de faire exploser un avion de ligne américain le jour de Noël 2009.

Cinq mois plus tôt, un kamikaze du groupe avait failli tuer l'actuel ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Mohammed ben Nayef, en se faisant exploser en sa présence.

Ce kamikaze avait réussi à infiltrer l'entourage du prince qui avait joué un rôle de premier plan dans la lutte contre Al-Qaïda dans son pays.

En novembre 2010, Aqpa avait revendiqué la responsabilité de l'envoi de colis piégés aux Etats-Unis et de l'explosion d'un avion cargo américain deux mois plus tôt à Dubaï.

Au moins 25 ambassades et consulats américains ont été fermés depuis dimanche, une mesure nécessitée selon des élus américains par l'interception de communications de cadres d'Al-Qaïda évoquant des attaques d'envergure.

Dix-neuf chancelleries, situées au Moyen Orient et en Afrique, seront fermées jusqu'à samedi, a annoncé Washington dimanche.

Michael McCaul, président de la Commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants, a évoqué "une des menaces les plus crédibles et les plus précises que j'ai vues depuis le 11-Septembre". Un attentat semble "imminent", a-t-il jugé sur CBS.

Les "éléments d'Al-Qaïda sont en place", a indiqué un autre membre de la Commission Dutch Ruppersberg, ajoutant que les Etats-Unis le savent "parce que nous avons reçu des informations sur le fait que des membres haut placés d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique évoquent un attentat majeur".

Les membres d'Aqpa se sont regroupés dans le sud du Yémen après avoir subi des pertes énormes en Arabie saoudite. Ils avaient profité de l'absence de l'Etat dans cette zone pour se renforcer.

L'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh qui a quitté le pouvoir en 2012 après un an de soulèvement s'est toujours positionné comme un partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda.

Les attaques de drone américains sont fréquentes contre les membres du réseau au Yémen.

Elles ont pratiquement triplé en 2011, passant de 18 à 53, selon la New American Foundation, un groupe de réflexion basé à Washington.

Aqpa a profité du soulèvement contre le régime de M. Saleh pour prendre le contrôle de villes dans le sud et d'y appliquer la charia, la loi islamique.

Le nouveau pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi a réussi à les en déloger en mai 2012 à la faveur d'une offensive militaire d'envergure, les repoussant dans les zones montagneuses difficiles d'accès.

Le groupe a annoncé le mois dernier la mort de son numéro deux, le Saoudien Saïd al-Chehri, dans une attaque de drone.

Cet ancien de Guantanamo qui est passé par un programme de réhabilitation dans son pays avait refait surface au Yémen.

Aqpa est dirigé par le Yéménite Nasser al-Whaaychi qui avait proclamé en juillet 2011 son allégeance à Ayman al-Zawahiri, nouveau chef d'Al-Qaïda après la mort d'Oussama ben Laden dans un raid des forces spéciales américaines en mai 2011 au Pakistan.

La première attaque d'Al-Qaïda au Yémen remonte à 1992 avec un attentat suicide contre un hôtel d'Aden habité par des militaires américains, dans lequel deux non-Américains avaient péri.

En 2000, Al-Qaïda avait lancé une attaque suicide contre le destroyer américain USS Cole dans le port d'Aden, tuant 17 soldats américains.

Un an plus tard, un pétrolier français, le Limburg, avait été visé par une embarcation bourrée d'explosifs au large du Yémen. Al-Qaïda avait revendiqué l'attentat qui a coûté la vie à un marin bulgare.

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