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05/08/2013 06:22 EDT | Actualisé 05/10/2013 05:12 EDT

É-U: un message d'al-Qaïda intercepté a entraîné la fermeture d'ambassades

WASHINGTON - La décision de fermer temporairement des ambassades dans le monde musulman a été prise après qu'un message entre le chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, et son second au Yémen eut été intercepté, ont indiqué deux responsables, lundi.

Un représentant du service de renseignement américain et un diplomate au Moyen-Orient ont précisé, sous le couvert de l'anonymat, que le message d'Ayman al-Zawahri avait été intercepté il y a plusieurs semaines. Les autorités avaient d'abord cru que les intérêts yéménites seraient ciblés.

Le représentant du service de renseignement a expliqué que le message avait été adressé à Nasir al Wuhayshi, qui est à la tête de la branche yéménite d'al-Qaïda.

Par ailleurs, des agents et analystes du service de renseignement des États-Unis épluchaient lundi des courriels, appels téléphoniques et communications radiophoniques entre des leaders d'al-Qaïda au Yémen et d'autres activistes ailleurs pour tenter de déterminer l'heure et l'endroit d'un possible attentat «spectaculaire».

Des représentants ont affirmé qu'il s'agissait d'un complot d'envergure qui en était à ses derniers préparatifs, sans toutefois divulguer plus de détails. D'autres responsables du service de renseignement ont déclaré à l'Associated Press que la cible pourrait bien être une seule ambassade comme un certain nombre de bureaux diplomatiques, ou encore d'autres cibles occidentales.

L'étendue des informations sous surveillance a incité l'administration Obama à fermer temporairement ses postes diplomatiques un peu partout à travers le monde, de la Mauritanie au Moyen Orient en passant par le Bangladesh et Madagascar.

Certaines ambassades ont rouvert leurs portes lundi, dont celles de Kaboul et de Bagdad.

Les représentants n'ont pas précisé lequel des services - entre la CIA, la National Security Agency et la Defense Intelligence Agency ou encore une autre agence -, avait intercepté les communications suspectes ayant mené à cette procédure.

La fermeture de ses ambassades dans quatre pays de l'Afrique subsaharienne survient par ailleurs quelques jours avant le 15e anniversaire d'attentats à la bombe d'al-Qaïda contre les missions diplomatiques américaines au Kenya et en Tanzanie.

Des bureaux diplomatiques de 19 villes, dont quatre se trouvant en Afrique subsaharienne, garderont leurs portes fermées jusqu'à la fin de la semaine. Les États-Unis avaient déjà annoncé la fermeture, jusqu'au 10 août, de ses bureaux diplomatiques en Égypte, Jordanie, Yémen, Arabie saoudite et Koweït, entre autres.

La sécurité des ambassades du Kenya et de la Tanzanie, ciblées par les attentats du 7 août 1998, a depuis été resserrée. Les bâtiments fortifiés ont ainsi été reconstruits dans des zones éloignées des centres densément peuplés pour éviter de nouvelles attaques. Ces ambassades demeureront ouvertes mais celles du Rwanda et du Burundi, qui partagent une frontière à l'ouest de la Tanzanie, de même que les îles Madagascar et Maurice seront fermées.

Selon J. Peter Pham, un expert de l'Atlantic Council, à Washington, les ambassades du Burundi et du Rwanda sont logées dans des bâtiments moins sécuritaires que les nouvelles structures telles celles de la Tanzanie et du Kenya.

Vendredi dernier, l'administration Obama avait annoncé la fermeture de certains postes pour le week-end, et le Département d'État avait lancé un avertissement international aux voyageurs. L'avertissement indiquait que la nébuleuse terroriste al-Qaïda ou ses alliés pourraient frapper le gouvernement américain ou des intérêts privés des États-Unis.

Une porte-parole du Département d'État, Jen Psaki, avait ensuite affirmé que la décision de maintenir les ambassades et consulats fermés jusqu'à la fin de cette semaine «ne découle pas de la découverte d'une nouvelle menace».

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